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DU FRANCAIS LANGUE ETRANGERE |
Introduction
Etat
de relation entre la culture nationale du pays de départ et la culture
cible
Dynamiques
d'acculturation entre ensembles culturels
Comprendre avant d'agir
Les 7 objectifs
de l'enseignement de la civilisation
Les sources documentaires
et la pertinence éventuelle pour l'enseignement de la civilisation
Contenu
de l'Atelier des Groupes A et B (stagiaires du, Botswana, Malawi, Mozambique
,Namibie,Zambie,Zimbabwe.
Rappel historique
de l'introduction de la dimension culturelle en didactique du FLE:
1975 : Dossiers thématiques du BELC accompagnant les ateliers
du Stage de St Nazaire
(Ex : les marais salants de Guérande; le sport en France d'A.Lamy
sous forme de valise pédagogique )
Dossiers repris par la suite par les CRDP et CDDP dans le cadre du réseau
du CNDP.
1975 : Numéros spéciaux du Français dans le Monde
" A comme..." à la demande d'André Reboullet ;
fiches établies par Simone Lieutaud, J.Cl.Béacco sur propositions
de Francis DEBYSER :
"Quand une culture rencontre une autre culture " Spécial AnthoBelc
Juin 1983 - BELC -
" Lecture des civilisations " préface à Moeurs et Mythes
(Hachette Larousse 1981 pp. 9 -21
1975 : Lectures de la civilisation dans "Moeurs et mythes" Lecture des
civilisations et documents authentiques écrits de JCl.BEACCO et S.LIEUTAUD
- ( Hachette/Larousse - 1981) Ex: A... comme Annonces : analyse des petites
annonces du Chasseur français et interprétation de documents
courts. La démarche didactique a nourri une démarche théorique.
1976 : "Le dictionnaire de Didactique des langues" dirigé par
R.Galisson et D.Coste (Hachette) propose plusieurs définitions
de la civilisation.
| Ensemble supposé cohérent | des règles de conduite,des croyances, des techniques matérielles et intellectuelles | "caractéristiques" | d'un ensemble social. (Henri MENDRAS) |
| Ensemble | des phénomènes sociaux (religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques | "communs" | à une grande société ou à un groupe de
sociétés. (Petit Robert) |
| Ensemble | des attitudes , des visions du monde et des traits "spécifiques" de civilisation | qui confère à un peuple dans l'Univers. |
particulier sa place "originale" ( Edward SAPIR ) |
| Configuration | des comportements "appris" et de leurs résultats dont les éléments composants... | sont "partagés" et "transmis" donnée. |
par les membres d'une société ( R.LINTON) |
| Systèmes implicites et explicites | de comportements "appris" et "transmis" par symboles...y compris leur solidification en artefacts... | constituent le sceau" distinctif " | de groupes humains. (Cl. KLUCKHOHN ) |
Cet interventionnisme didactique répond bien sûr à
une demande éducative forte mais il faut d'abord se poser les questions
essentielles en distinguant ce qui relève
- des Contraintes selon les différents contextes institutionnels
: nombre d'heures consacrées à la civilisation dans le cursus,
forme des examens,recrutement et compétences des professeurs, effectifs
et grands groupes, introduction des nouveaux médias et nouvelles
technologies.
- des Variables sur les formes d'apprentissage: rôle de
la mémorisation dans certains systèmes éducatifs , châtiments
corporels, rôle de la dictée.
Etat de relation entre la culture nationale du pays de départ et la culture cible
Il faut s'interroger d'abord sur le contact ou
non existant entre les deux cultures:
a) dans le milieu français comme le CEFLE
à NANTES : les étudiants étrangers,les boursiers,
les stagiaires, les travailleurs migrants, les conjoints étrangers
de Français...
b) dans le contexte étranger il faut distinguer
les apprenants qui sont susceptibles d'être ou d'avoir été
en contact avec la France ou un pays francophone (Belgique, Suisse, Québec,
DOM, Afrique francophone ...) soit comme touriste soit comme étudiant
boursier ou non.
c) quelles images de la France et des Français
reçoit -on par les médias locaux :télévisions
: TV5, CFI , RFO, Radio: RFI,RMC ; presse française
en version locale : Elle, L'Express en version mauricienne, suppléments
créole,
Rôle des Salles de Lecture ou d'Actualité
des Centres Culturels et Alliances françaises.
d) Y-at-il continuité entre les cultures
de départ et la culture cible : cas de l'Algérie, de pays anciennement
colonisés. Il faut repérer le contexte de la francophonie dans
chaque pays à partir de " l'Etat de la Francophonie dans le Monde
" (publié chaque année par l'ACCT et l'Aupelf-Uref)
En résumé , on peut se trouver en
présence des cas de figure suivants :
| Contact et continuité | Europe |
| Contact et non continuité | Afrique du Nord (Algérie) |
| Non contact et continuité | Amérique Latine |
| Non contact et non continuité | Inde, Chine, Afrique australe (Namibie) |
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| aucune connaissance en FLE | aucun contact en culture étran. | vrais débutants / non initiés |
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| aucune connaissance en FLE | contact avec CE : stéréotypes renforcés |
vrais débutants / faux initiés |
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| aucune connaissance en FLE | contact avec CE : relativité interculturelle |
vrais débutants / initiés |
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| connaissances vagues en FLE | notions stéréotypées | faux débutants / faux initiés |
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| connaissances vagues en FLE | contact avec CE stéréotypes renforcés |
faux débutants / faux initiés |
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| connaissances vagues en FLE | contact avec CE relativité interculturelle |
faux débutants / initiés |
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| connaissances suffisantes | notions stéréotypées | débutants avancés / non initiés |
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| connaissances suffisantes | contact avec CE stéréotypes renforcés |
débutants avancés / faux initiés |
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| connaissances suffisantes | contact avec CE + relativité interculturelle |
débutants avancés / initiés |
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Dynamiques d'acculturation entre les ensembles culturels
a) Il faut prendre en compte les différences
de poids entre les ensembles culturels: (rapports de force par lequels les
valeurs ont été diffusées : réseaux culturels,
réseaux hertziens,réseaux géopolitiques et géostratégiques.)
Lire le rapport sur le Français en Corée(Sénat),
les rapports franco-britanniques (Ambassade de France ), l'Année du
Japon, l'année du Maroc, les dossiers de presse lors de la visite des
Chefs d'Etat, Sommet
de Moncton 99)
b) Il faut savoir distinguer les modèles
culturels proposés de ceux qui sont imposés à
une civilisation.
( Lire: "Etes vous un vrai français
?" de Maurice.T.Mashino ( Russe par sa mère, français
par l'école, algérien par mariage ) - Ed. Grasset -Sept.1988.
" Si je savais une chose utile à ma nation
qui fût ruineuse à un autre, je ne la proposerais pas à
mon prince, parce que je suis homme avant d'être français ou
bien parce que je suis nécessairement homme, et que je ne suis français
que par hasard."
Montesquieu ( Cahiers )
c) analyser les contentieux entre les Etats Nation
:
Quel est le passif ancien ou nouveau dans les rapports
inter-états :
articles dans le Courrier International et l' Année
francophone internationale (1999)
Lire n°274 (Avril 99) Parlera-t-on longtemps
français dans le monde ? (Dossier)
France / Espagne : intervention napoléonienne
: La visite de J.Chirac à Madrid consacre la "fin des préjugés
franco-espagnols" in le Monde du 6/10/99 http://www.lemonde.fr/article_impression/0,2322,25344,00.html
France /Angleterre : Articles dans Triangle n°VII
(1988) et ELA n°69 (Janv-Fév.88)
France /Amérique : "Vive le français,
vive le cantonais" de Jacque Steinberg in Courrier International du 7 au
12 Janvier 1999 : fronde antifrancophone et utilité du français
aux Etats Unis.
France/ Pologne :
France /Mexique :
France /Russie : "Histoire d'un amour malheureux"
in Courrier International n°453 p.10
Angleterre / Argentine : Guerre des Malouines mais
aussi Discours de réception d'Hector Bianciotti.
France / Maroc : "Haro sur la domination de la
langue française" in Courrier International n°452 p.24
France / Afrique : " Sphères d'influence
françaises et anglaises en Afrique" in le Courrier International n°
438 p.38
France / Kenya :"La France est de retour en Afrique
anglophone" in le Courrier International n° 432 p. 14
France / Burkina Bé : " Le Burkina Bé
peut-il se passer du Français ? " in le Courrier International n°
439 p.12
France/ Mozambique : le français en pleine
renaissance" de José Alves et J.Y Hoisnard in Diagonales n°41 p.41
France / Rwanda : " le français va mal,
la francophonie va bien " in Diagonales n°21 p.41 et 34 pp.44.45
Comprendre avant d'agir
1) Les contextes d'enseignement
:
a) contraintes
matérielles : salle de cours, effectifs, équipements audiovisuels,
informatiques, accès
Internet:
il convient de distinguer les objets de réception de l'imaginaire
et ceux de la production.
Lire L'Ecole primaire en Afrique : analyse pédagogique et économique
de Jean Pierre Jarousse
Ed.L'Harmattan 1993 in FDM n°272 p.34 -35
b) contraintes
horaires : 25 semaines / 2h. par semaine = 50 heures (- 2h de partiels
= 48 heures )
Comment
monter un cours de civilisation en 48 heures ?
- Choix
et pertinences des sujets
- Etablissement d'une bibliographie
- Forme
d'animation pédagogique : cours magistraux, travaux de groupe, exposés,
- Introduire
du brouillage dans mon enseignement pour que les étudiants ne ressortent
pas pendant
25 ans mon exposé.
Il faut
intégrer une réflexion pédagogique sur l'approche de
la dimension culturelle dans l'enseignement
des langues tout en donnant de l'information sur cette culture : comment
aider les étudiants à accoucher une pédagogie induite.
c) cas
de l'enseignement dans le secondaire en respectant les instructions officielles
qui préconisent une ouverture sur les valeurs culturelles. L'Institution
demande parallèlement à mon enseignement de la langue
française une ouverture à la dimension culturelle.
d) Exemples
ciblés :
- des médecins tchèques qui vont aller travailler en Algérie
sont motivés et demandeurs. Quel matériel leur proposer :
Cartes sur table, dossiers de presse, méthode généraliste
...
- situation du français langue seconde : l'enseignement de l'Histoire
dans un lycée bilingue en Allemagne: histoires croisées de
la France et de l'Allemagne en langue française.
- Comment répondre à l'identité culturelle perdue en
Afrique ? Les jeunes élèves doivent être sensibiliés
et accoutumés à l'idée que les sociétés
règlent de manière différente des problèmes
identiques. Cela permet de lutter contre" la centration" mais pas contre
"l'identité". La prise de conscience des différences permet
la prise de conscience des identités. (le concept d'identité
inclut le concept de différence)
2) Les enseignants
:
a) un
professeur natif ou non est un locuteur /animateur
qui dissèque un échantillonage fermé que représente
le manuel de langue et civilisation.
b) On
ne peut qu'encourager une formation à l'éducation comparée
: car aucun système éducatif étranger ne peut être
compris sans une bonne connaissance du sien.
c) rôles
pédagogiques :
- animateur du groupe : déclencheur
- technicien manipulateur de la "flèche lumineuse" qui fait commenter
des diapositives
- la compétence langagière et culturelle non universelle
assumée par un témoin privilégié qui donne une
opinion entre autre sur son vécu personnel mais non modèle.
d) Comment
la civilisation entre en classe de langue ?
- l'enseignant de langue est pris dans une dynamique d'acculturation :partagé
entre deux cultures: sa culture d'origine et celle qu'il est censé
enseigner.
- comment s'établit la relation entre les deux cultures ? : équilibres
perçus par les apprenants
- Des questions directes se posent sur le rôle, les représentations,
les discours, les choix politiques et philosophiques de l'enseignant mais
aussi de l'Attaché linguistique et Conseiller Pédagogique
natif. Le métier d'enseignant fait remarquer L.Porcher reste "soft"
car la marge d'initiative reste forte et le système éducatif
est encore peu soumis à la loi des "consommateurs", aussi les
enseignants décident encore de ce qui doit être appris.
L'enseignant de FLE se doit d'avoir une carte
d'identité didactique.Il doit la choisir explicitement sinon elle
lui sera attribuée par ceux qui précisément sans que
quiconque leur ait demandé quoi que ce soit, se sont atribués
la charge de dire le bien et le mal en la matière.(L.Porcher)
e) Motivations
des professeurs de langue à l'étranger :
- Pourquoi telle langue plutôt qu'une autre ?
Souvenons nous de cette phrase de Charles Quint : " Je parle
anglais aux commerçants, italien aux femmes , français
aux hommes, espagnol à Dieu , et allemand à mon cheval ".
ou encore xette phrase de José Cadalso
dans Lettres marocaines :" Les Espagnols écrivent la moitié
de ce qu'ils imaginent ; les Français plus qu'ils ne pensent à
cause de la qualité de leur style ; les Allemands disent tout
, mais de telle façon que la moitié des gens ne les comprennent
pas ; les Anglais écrivent pour eux seuls."
- Où en est la loi du marché linguistique ? (consulter les
sites de l'ACCT , de la DREE, de la DGLF, de RFI (Sommet de Hanoï et
de Moncton) de la FIPF et les revues de presse des Ambassades lors
des visites de chefs d'Etat.
A signaler dans Opinions et arguments in Echos
de Sèvres N°73-74 (septembre/ oct.1994 ) les articles
" Enjeux économiques de la valorisation
de la langue française" de Marc Bonnaud
et " Enjeux sociaux de la valorisation de la langue
française" de Thierry Priestley.
- Pourquoi on aime la langue qu'on enseigne ?
- Y-a-t-il des facteurs spécifiquement culturels qui font que les
professeurs choisissent une langue plutôt
qu'une autre ? Quels sont les critères intériorisés,
implicites, sociaux, politiques.
- Différents discours sur l'enseignement de la langue et la culture
française qui dépasse la "passion aveugle" pour une culture
ou une langue.
f) Quels
sont les effets sur la motivation des élèves en fonction
de l'implication ou non implication de l'enseignant de langue dans sa "manière
de classe". Rapports érotiques ou névrotiques dans l'apprentissage
d'une langue . (Voir
le tableau sur les Phases d'acculturation dans l'apprentissage d'une langue
étrangère.A.Germain)
3) Les représentations
universelles : (Clichés et stéréotypes)
a) D'où
viennent-elles et comment sont-elles véhiculées ?
- par la famille
- par le groupe social
- par les médias (titres de journaux étrangers, topos standardisés)
- par des contacts indirects avec la culture d'origine
- par des traditions culturelles qui circulent sur les représentations
attachées à un peuple donné.
(Lire V.Pugibet pour les représentations
des Mexicains sur la France in FDM 181 et Argyro Proscolli pour la Grèce
et Carmen Mata Bareiro pour l'Espagne in Dialogues et Cultures N° 34
)
b) Ces
représentations culturelles ont des vertus cognitives qui tendent à
l'universalité:
- l'identité de l'Autre se trouve définie par un raccourci
ou un cliché qui fonctionne et qui satisfait celui qui enferme,
qui classe, qui étiquète.
c) Vertus
de circulation sous la forme de formes discursives convaincantes qui perpétuent
dans la longue durée des comportements, des stéréotypes,
des préjugés en partie dans les manuels de FLE.
d) Il
existe une dialectique entre le cliché, le stéréotype
(véhiculé par une demande éditoriale) et le préjugé
impressionniste. *Voir Tours de France (Unité I) Espaces III
-(Unité 1) Tempo 2 (Unité 1)
Définitions:
le cliché est une idée ou expression trop souvent utilisée.
banalité, lieu commun, poncif, redite.
"le cliché est un mot de passe commode
en conversation pour se passer de sentir". Max JACOB (Conseils à
un jeune poète)
le stéréotype
est un savoir fermé , un style cognitif clos : une opinion toute faite
réduisant les singularités.
Voici la définition qu'en donne Henri Lefebvre
dans "la vie quotidienne dans le monde moderne":
"Un stéréotype est une représentation
à deux dimensions, comme une image, sans profondeur et sans plasticité.
Pour que le stéréotype devienne représentation, il
faut que les expériences de la relation avec l'étranger soient
multiples et variées.
L'étranger n'est plus étranger,
mais autre, lorsqu'il existe des êtres étrangers non seulement
par rapport au sujet qui juge , mais par rapport à d'autres étrangers."
Lire l'article de L.Porcher sur "Pédagogie
interculturelle et stéréotypes"
le préjugé est une croyance, une opinion préconçue, souvent
imposée par le milieu, l'époque, l'éducation. Synonyme
d'erreur, d'idée toute faite, de jugement préconçu, de
parti pris, d'à priori.
Avoir un préjugé contre quelqu'un
c'est être hostile à quelqu'un. Lire:" la force du préjugé
"de P.A.Taguieff.
e) Démarches
pédagogiques: Véronique Pugibet propose une utilisation
des stéréotypes ( hétéro et auto) en classe de
FLE in "la Civilisation" (L.Porcher dir - Clé International 1986 -
pp.60 -70)
- en langue maternelle:
Cours de géographie régionale ou
cours d'histoire de France selon la vieille tradition du FLE à l'Alliance
française .
Partir des images toutes faites qu'ont les apprenants
sur la France par un test d'associations (Tours de France U.1)
Dessinez un Français ou faire un montage
collage.
Recherchez des histoires drôles sur les Français.
(cf .Site internet http://www.rigoler.com)
Rechercher des publicités nationales
Que disent les manuels nationaux sur la France
et la francophonie.
Recherchez des caricatures et BD dans la presse
locale lors de la visite de chefs d'Etats.
- en langue étrangère , avec
du vieux on fait du neuf où l'intertextualité didactique instaure
la continuité dans le domaine : on adapte, on rénove, on actualise
pour suivre le marché et les programmes: La France vous connaissez
? (Didier) La France j'aime , Le nouveau Guide France (Hachette) Civilisation
française quotidienne (Hatier) La France de toujours (Clé International)
f) Les
démarches pédagogiques et les types de savoirs véhiculés
:
- les
sondages d'opinion collectés dans la presse française
(Ex. la génération Cocon dans l'Express n°1956 ; le tourisme
ou le sport et les Français )
- Cours d'Histoire Géographie en français : transmettre des
informations d'ordre historique et/ou géographique. (les Régions
; la politique culturelle, l'espace européen, la politique des transports,
la Santé...)
-Faut-il s'attacher à la forme de la transmission dans
une classe de conversation ou au contenu de la transmission et là
le français/langue, le métalangage devient un obstacle pour
les élèves.
Qu'est-ce qu'on veut atteindre quand on enseigne
la civilisation ?
Il convient de réfléchir clairement
aux objectifs d'un tel enseignement.
Les 7
objectifs de l'enseignement de la civilisation
Remarques préalables:
- Les objectifs s'évaluent , la finalité
elle ne s'évalue pas.
- La méthodologie de la problématique
interculturelle est très difficile à élaborer donc
difficile à transmettre sous forme de techniques, recettes comportementales.
- Quelle est la connaissance qui constitue
l'objet de cet enseignement c'est à dire quels types de savoirs
je veux transmettre dans mon cours de civilisation ?
b) objectif 2 : Informer
Il s'agit
là de trouver des espaces dans la classe de langue où il y aura
une cohérence, une thématique, un fil conducteur pour ne pas
tomber dans le pointillisme du premier objectif : alléatoire et fugace.
Sortons de la dimension du simple mot et organisons.
C'est ce que proposaient "les Dossiers de Civilisation du BELC" de 1970
à 1980 qui permettent d'entrapercevoir des réalités
de la vie quotidienne également les Dossiers Interlignes du CREDIF
qui suivent une même approche théorique : des documents authentiques,
peu d'images pour un travail linguistique et culturel.La motivation est assurée
de par l'authenticité du document. La réalité sonore
ou "paysage sonore" est restituée et produit un frémissement
affectif chez l'apprenant contrairement aux méthodes SGAV aseptisées.
Les inconvénients :
- Ces dossiers sont surtout axés sur la
langue et la dimension culturelle est réduite à la compréhension
de documents fortement liée à l'acte de lire: Lire "pour s'informer"
mais pour cela il faut de bonnes stratégies de lecture de documents
et maîtriser le "comment" de la lecture.
- Peu de scrupules dans les documents supports
empruntés à la presse quotidienne , hebdomadaire ou mensuelle;
Quelques sondages d'ipinion et quelques interviews
"adhoc" préparés pour l'occasion.
- Pas de contrôle objectif sur ce "savoir
social" qui est construit, organisé, hiérarchisé:
Ex: Les Français et l'argent ; Les Français
et la famille; Les Transports en France : ces savoirs sont peu pertinents
car extraits de textes de divulgation grand public.
- Infinité du thème qui appelle d'autres
thèmes en chaîne et débordent sur l'ensemble de la réalité
;
- Thèmes trop lours qui suscitent une démotivation
massive: Ex: le thème de l'aménagement du territoire par la
DATAR pour des élèves argentins dans Interligne du Crédif
!
c) Objectif 3 : les
pratiques communicatives sont culturelles.
On découvre la dimension culturelle des
échanges dans des articles de littérature ethno-linguistique
de Salvador Benadava sur le rôle du silence en Orient comparé
à l'Occident :"De la civilisation à l'ethno-communication"
in FDM n°170 Juillet 1982 ) et sur le "langage silencieux" d'Edouard
T Hall.
L'approche communicative fixe un certain nombre
de concepts tels que :
Maîtriser une langue c'est maîtriser
les structures de la langue mais aussi maîtriser des comportements,
des situations et adapter sa conduite.
Inconvénients :
- Tous les comportements culturels ne sont pas
des comportements langagiers
- Le discours politique est du politique en marche
(alliances, ruptures, main tendue, langue de bois, intentions, enjeux.......)
L'analyse de discours s'interroge sur les enjeux de ce même discours
: redonner une dimension sociale au discours c'est réintroduire l'idéologie
dans une argumentation.
Les discours ne sont pas seulement descriptifs
ou narratifs mais aussi idéologiquement marqués (même
un discours météorologique est chargé idéologiquement
d'enjeux, débats écologiques, économie touristique....)
d) Objectif 4 :
S'intéresser aux identités et aux différences :
Questions prélables
- Qu'est-ce qui intéresse fondamentalement
les apprenants ?
D'après le sondage mené par J.Courtillon
dans FDM 188 les réponses des étudiants indépendamment
du niveau sont centrées sur le concept de "différence" : "Apprendre
une langue étrangère c'est apprendre une culture nouvelle, des
modes de vivre, des attitudes , des façons de penser, une logique autre,
nouvelle, différente, c'est entrer dans un monde mystérieux
au début, comprendre les comportements individuels, augmenter son capital
de connaissances et d'informations nouvelles, son propre niveau de compréhension."Ce
qui nous unit et ce qui nous sépare.
- Il faut donc se donner des espaces pédagogiques
de réflexion sur cette demande très précise: il suffit
de suivre la motivation directe expression d'une demande réelle des
élèves.
Les trois ordres de faits de civilisation à
mettre en évidence seraient :
- les faits sociaux : comment les gens vivent
ensemble.
- les faits idéologiques : ce qu'ils
pensent, ce qu'ils croient.
- les faits ésthétiques :
les formes d'art ou de création qu'ils aiment ou qu'ils produisent.
Ces trois ordres de faits peuvent naturellement
être saisis à des niveaux qui vont du concret (observable) à
l'abstrait (analysé).
Le comparatisme a rarement des fondements
scientifiques car on compare une compétence inculquée(société
native) et une compétence externe (société cible)
Il faut dans l'idéal suivre les règles de l'objectivation
et de l'explicitation, faute de quoi la culture étrangère risque
d'apparaître comme un pur exotisme, uniquement dans ses différences
manifestées et très vite comme inférieure à
la culture source ressentie comme la norme.
Les clichés aboutissent à " c'est
mieux ailleurs, chez moi c'est nul !"et on arrive à une dynamique
d'acculturation.
Ou alors après un voyage scolaire
:" C'est mieux chez nous, il n' y a pas ça là-bas, ils n'ont
même pas de.... ! "
On parvient à la mise en oeuvre de
processus de comparaisons difficiles à maîtriser en cours de
langue.
e) Objectif 5 : les
savoirs culturels ont une pertinence dans des situations données:
- On évacue le problème de la pertinence:
ce que les apprenants doivent savoir mais on privilégie les matériaux
qui me permettent d'y accéder.
- Pour résoudre le problème concret
, j'en pose un autre ailleurs en terme de "savoir-faire" mais
le savoir culturel ne peut pas être une finalité.
- Dans ma propre culture en tant que sujet
social je suis en mesure d'identifier des objets que je ne connais
pas
( avec plus ou moins de finesse, en fonction de
tels ou tels stéréotypes)
Exemple: Dans la lecture d'une ville ou d'un monument,
l'apprenant a une capacité à se faire une idée à
partir d'indices plus ou moins pertinents sur ses échelles de valeurs
et à l'intégrer à sa propre expérience,
à sa cartographie du monde parce qu'il peut repérer
, situer cet objet culturel.
Lire "Tentative d'épuisement d'un lieu
parisien" de Georges Pérec par des étudiants de l'Université
de Brisbane (Australie ) in FDM 271 Fiche pratique III
- Des échanges avec un inconnu me permettent
de le marquer socialement, de l'identifier à partir d'hypothèses
construites sur des indices repérables : je lui assigne des places
, je le catégorise: en bref, j'ai mis en place des procédures
d'identification.
Inconvénients :
- Ces indices sont des leurres ou des pièges
parfois superficiels qu'il faut déceler et interpréter.
- Quelles sont mes compétences de repérage
et de rééquilibrage de mon dispositif de naturalisation
du "savoir-culturel" ?
- Le déplacement confirme le stéréotype:
ce n'est pas parce que les gens se déplacent de plus en plus que
les stéréotypes tombent : c'est le paradoxe du tourisme de
masse qu'a analysé Jean Didier Urbain (Paris V)
f) Objectif 6 : Les
apprenants ont un "savoir-faire culturel"
- Il me faut identifier un certain nombre d'indices
, repérer des différences internes à une culture étrangère,
organiser mon territoire , construire mes échelles au delà des
mentalités collectives et l'âme des peuples données qui
sont les données les moins objectivables et les plus dangereuses.
A quoi sert la "distinction"
demande Pierre Bourdieu , quels sont les paramètres standards pour
la définition d'un groupe social : l'âge, le lieu de résidence,
la langue, la religion, les coutumes, le niveau d'instruction. Ces données
traitées par l'INSEE ou l'INED sont-elles suffisantes pour dresser
un état de la France et des Français ?
En résumé , Ce que j'essaie de faire
est d'entrainer mes apprenants à exercer cette compétence de
repérage qu'ils ont dans leur propre culture , à la réinvestir
dans un environnement qu'ils ne connaissent pas. Donc ce qui m'intéresse
est de procurer une certaine compétence.
Inconvénients :
Ex1 : Situation difficile à jouer où
il n'y-a ni contact , ni continuité entre culture de départ
et culture d'origine comme en Namibie : aucun repère , aucun indice
tangible, toponymie floue, indices non pertinents dans le système
à découvrir.
Ex 2 : Situation très facile là où
la culture des apprenants est en contact et en continuité avec celle
de la langue qu'ils apprennent (Europe , Afrique francophone, Amérique
Latine...)
Ex 3 : Les apprenants veulent faire fonctionner
les structures et apprendre de la grammaire . Inutile de chercher à
gaver en civilisation si la demande n'existe pas (Asie, Arabie Saoudite,
Egypte, Quatar etc...)
Conséquences de cet objectif 6 quant aux choix méthodologiques
qui en découlent directement.
- La spécificité de la démarche
de l'enseignant de FLE se rapproche des caractéristiques de la pédagogie
d'éveil en français langue maternelle mais écarte les
didactiques des autres disciplines et évite les chevauchements de compétences.
- L'enseignement langagier et l'enseignement culturel
ne peuvent pas être confondus :
Apprendre à communiquer suppose deux démarches
différentes :
- le fonctionnement langagier
- le repérage des compétences culturelles
Deux démarches, deux temps, deux méthodes
différentes et donc pas de grammaire, de conjugaison, d'exercices
à trous, de conceptualisation dans l'exercice de repérage des
faits culturels.
En conclusion , il y a des catégories de
supports pour des catégories d'objectifs?
On ne peut plus confondre Cours de langue
avec Cours d'Histoire , de même qu'on ne peut mêler compétence
de lecture et compétence de repérage culturel.
g) Objectif 7 : Que
devient la culture
cultivée ? (
H.Besse dans FDM n°254 p.42 en donne la définition
suivante : " la culture cultivéeest relative aux oeuvres de l'esprit
- plus particulièrement à celles produites par la littérature
et les beaux arts - et ce qu'il en résulte dans l'esprit de celui qui
élabore ces oeuvres, qui les étudie ou qui les fréquente
assidûment. La culture cultivée , ainsi circonscrite, est l'apanage
de couches relativement réduites de nos sociétés."
- Que devient la contemplation des valeurs éternelles
?
"L'occultation de la littérature dans l'enseignement
de la civilisation" par Marc AUVRAY Paris III Sorbonne -UFR de Didactique
du FLE - 1989-90
- La méthodologie de l'observation très
ancrée sur la réalité contemporaine, cette éducation
du regard pour aller au delà de la "carte postale" , ce "donner
à voir" à l'élève est-il de notre ressort
à nous seuls professeurs de langue ?
- Il y a des marchés , des industries culturelles,
des éditeurs, des administrations nombreuses, concurrentes qui jouent
ce rôle.
- C'est le rôle de l'éducation d'amener
les gens vers , de les aider à...
- Reste à analyser les conditions de ce
passage et comment il s'opère dans chaque système éducatif.
Quelle est la motivation des gens qui apprennent
les langues étrangères quand ils ne sont pas vraiment forcés
?
Pourquoi enseigner une langue étrangère
? Le français ou une autre ? Que va en faire l'apprenant ? Qu'est-ce
que cela lui apporte ? Il convient de se poser la question non en termes
d'objectifs mais au niveau humain.
Lire :
a) "Tel pays telle chèvre" de Raquel Ramalhete
(Brésil) in FDM n° 272 p.39 sur les malentendus culturels
où l'apprenant décode un discours, un signe avec les références,
les valeurs de sa propre culture.(cas de la perçeuse au Brésil
ou de la belle mère au Japon )
Comment passer du "ils" antagonique au "on"
solidaire ?
Comment faire comprendre et accepter que dans
un autre pays, ils ont (on a) d'autres problèmes et d'autres solutions
que les nôtres. Et on y vit quand même.
Ce qui revient à dire (et à comprendre
et à accepter) que l'on peut vivre autrement que comme on vit chez
soi. C'est un tout petit pas sur la voie de la tolérance, de la compréhension
et de la paix .
b) " La motivation pour les langues "in Langues
modernes n° 5 (1985) Revue de l'A.P.L.V.
Article de Louis Porcher :" Motivations ou raisons
d'apprendre" pp.105 -112.
b) Le choix des langues à l'école
(motivation, abandon, influences... G.Hermann-Brennecke & M.Candelier)
in le Français dans le Monde n° 250
p.42 à 47
A chaque langue un profil de motivation : Italien
: un intérêt affectif ; Anglais : pragmatisme d'abord
; Français l'utile et l'agréable ; Allemand
: le choix de la performance ; Latin : au service des autres
apprentissages ; Espagnol : des attentes diversifiées. Sans
aller jusqu'à faire nôtre la phrase lapidaire de Charles Quint
:
" Je parle anglais aux commerçants, italien
aux femmes, français aux hommes, espagnol à Dieu, et allemand
à mon cheval."
Ex : Apprendre à communiquer pour quoi et
pour qui ? Pour véhiculer la langue capésienne ? ( Gourine
-INRP)
Ex : Apprend-on le grec moderne pour
lire Constantin Cavafis ?
" Et si l'on se trompait d'histoire d'amour
" déclarait Jacques Pêcheur dans un éditorial du Français
dans le monde.
Et pour finir, le nouveau titre de la collection
F Reference, dont l'auteur Jean-Claude BEACCO, est professeur a l'Universite
de la Sorbonne-Nouvelle, a Paris, aborde un theme incontournable de la didactique
des langues etrangeres :
l'enseignement de la culture-civilisation en classe
de langue (Les dimensions culturelles des enseignements de langue) Code :
15 5157 1 Disponibilite : juillet 2000
Infos : http://www.fle.hachette-livre.fr/cgi-bin/extraitNEW?1551571