Par décision du directeur de l'ENS de Fontenay/Saint-Cloud
- arrêté n° 96-18 du 4 septembre 1996 - la structure
administrative CREDIF a été supprimée. Il s'agit,
en termes concrets, de la fin de l'existence du CREDIF.
Cette nouvelle de rentrée, en septembre, a rapidement fait
le tour de la communauté de la didactique.
Il y a longtemps que le CREDIF faisait partie du paysage. Pour beaucoup,
il a même toujours été là, préexistant
à leur propre éveil au FLE. Sa place semblait tout aussi
naturelle ou logique que celle des diverses autres institutions du champ
et il est difficile de penser la didactique, synchronique ou diachronique,
sans le CREDIF.
Bien sûr, les activités qu'il développait ont
essaimé. Beaucoup d'universités et de centres de FLE enseignent,
forment et publient. Mieux, l'accroissement des lieux de réflexion
et d'enseignement favorise la diversité, enrichit la didactique,
fait progresser le domaine.
Ce développement a-t-il marginalisé le CREDIF? Sa
voix n'est-elle devenue qu'une parmi d'autres? C'est possible, voire assez
probable. Et souhaitable. Là comme ailleurs, le temps n'est plus
à la doxa.
En tout cas, cela ne justifierait pas la disparition, l'ordre de
suppression. Au contraire. C'est de la multiplicité et de la complexité
qu'émergent toujours plus d'idées et de propositions .
Cette disparition ressemble hélas trop à une remise
en ordre. Le CREDIF était-il si insupportablement différent,
trop particulier au sein de l'ENS, comme le laisse entendre la lettre ouverte
des personnels du CREDIF de septembre dernier au directeur de l'ENS ? Ses
enseignants retrouveront une place au sein de la communauté universitaire,
mais sur d'autres bases, hors du projet fondateur. Etait-il si difficile
d'analyser au lieu de nier, d'évaluer au lieu de supprimer, de faire
évoluer au lieu de faire disparaître?
Ce qui arrive au CREDIF nous touche sur les plans symbolique et
pratique de la disparition d'un lieu de référence.
Nous voulons aussi assurer nos collègues de notre sympathie
face à la négation de leur légitime existence professionnelle
et de leur investissement scientifique.
Cette suppression risque de conforter ceux qui n'y croient pas ou
plus simplement n'admettent pas la coexistence de systèmes complexes
non uniformes.
Jean-Paul Basaille, Président de l'ANEFLE. http://perso.club-internet.fr/fleasso/anefle/a3.htm