PLAN
DU DOSSIER
PREMIERE
PARTIE
DEUXIEME
PARTIE
TROISIEME
PARTIE
QUATRIEME
PARTIE
CINQUIEME
PARTIE
Bibliographie
INTRODUCTION
Pourquoi
s'intéresser au stéréotype en classe de français langue étrangère ? Parce qu'il
fait partie intégrante du système culturel d'une communauté, parce qu'il joue
un rôle particulièrement important dans l'acte de communication en véhiculant
un savoir stabilisé; il s'avère indispensable pour porter un regard sur le mode
de fonctionnement de cette communauté. Retenant la définition que Morfaux (
1980 ) donnait du stéréotype : " Clichés, images préconçues et figées,
sommaires et tranchées, des choses et des êtres que se fait l'individu sous
l'influence de son milieu social ( famille, entourage, études , profession,
fréquentations, médias de masse,…) et qui déterminent à un plus ou moins grand
degré nos manières de penser, de sentir et d'agir ", on peut estimer qu'à
travers l'étude des stéréotypes qui circulent dans le pays de la langue étudiée,
l'apprenant pourra se constituer une excellente grille de perception de la
communauté en question.
La pédagogie
actuelle pousse de plus en plus le pédagogue à prendre en compte son public :
son capital socioculturel, ses habitudes et son mode d'apprentissage, ses
connaissances antérieures,…Or, le fait de s'intéresser à la représentation que
celui-ci se fait de la culture et du pays dont il étudie la langue relève du
même souci. En effet cette représentation fait partie d'un acquis antérieur à
l'apprentissage de la langue par l'étudiant étranger. Cependant il risque
d'ignorer les autostéréotypes qui circulent pour la plupart en vase clos à
l'intérieur même du pays. En revanche s'ils émigrent, ils subissent des
transformations. C'est pour cette raison que l'étranger a besoin d'en prendre
connaissance de manière explicite …Ainsi, au même titre que l'on apprend les
conjugaisons, que l'on s'intéresse aux situations de communication, afin de
faciliter à l'individu une parfaite autonomie et maîtrise de la langue
étrangère, il semble tout aussi important de permettre la maîtrise de ces
autostéréotypes, figures et symbole qui circulent dans le pays étranger. Cette
acquisition n'aura certes pas la même résonance que pour un français puisqu'il
s'agira d'une " culture " extérieure à la sienne. Lippmann disait
d'ailleurs : " Nous voyons ce que notre culture a, au préalable, défini
pour nous ". Ainsi les apprenants étrangers, ne possédant pas le même
imaginaire social, ne verront pas ce que nous, français, nous voyons, il faudra
donc guider leur regard, par exemple à travers l'étude des stéréotypes.
Un très bon
support pour l'étude des stéréotypes en classe de langue peut être l'image
filmique, et par là, le cinéma. Tout d'abord, en tant que loisir de masse, le
cinéma est un vecteur privilégié des stéréotypes au même titre que tout
discours médiatique, il est révélateur d'une culture, reflet d'une société et
agent d'un certain imaginaire, il permet aussi une connaissance et une
compréhension meilleures de la langue - culture ciblée. Le cinéma, l'image
filmique est aussi conséquemment un vecteur privilégié de la culture légitime,
en d'autres termes, des mythes manifestes et latents, des stéréotypes
manifestes et latents, en tant qu'ils sont des structures cognitives acquises.
De ce point de vue, le cinéma apparaît comme un objet rare et précieux
didactiquement pour la mise en valeur qu'il présente de la pluralité des normes
d'usage. Enfin terminons sur la " richesse du signe ", du matériau
perceptif qui allie une bande-son à une bande- image et permet de percevoir une
langue dans tous ses états, un stéréotype dans tous ses états, sans que le
strictement linguistique l'emporte forcément dans l'approche de la langue -
culture.
C'est ainsi qu'à
travers le film, on pourra aborder en classe de français langue étrangère des
sujets comme les phénomènes des banlieues, la question de l'immigration, le
multiculturalisme en France, la violence chez les jeunes,… Plus
particulièrement, en prenant comme outils de référence les films cités dans la
liste, on pourra parler des jeunes des cités et travailler sur le concept de
stéréotypie en rapport avec ce thème.
Quelques
suggestions d'activités autour de ce thème en classe de français langue
étrangère sont données en dernière partie de ce dossier.
La banlieue a
fait son chemin au cinéma et les références cinématographiques ne manquent pas.
J'en établis une courte rétrospective dans la première partie du dossier.
Cependant c'est
réellement dans les années 80 et 90 que les films se consacrent pleinement aux
jeunes et à la banlieue. Je cite : " Dans un grand nombre de films des
années 90 ( hexagone, Etat des lieux, Raï, La Haine, …), la banlieue est si
envahissante que les jeunes ne se définissent plus que par elle. Ils sont
" la banlieue " à proprement parler , et les questions personnelles
qu'ils posent n'existent qu'au travers de cette référence spatiale ". Dans
la deuxième partie de ce dossier je montrerai d'ailleurs quels sont les
stéréotypes véhiculés sur les jeunes des cités dans le cinéma français des
années 80 et 90 en m'appuyant sur les critères définitionnels du stéréotype.
PREMIERE
PARTIE
PETITE
HISTOIRE DE LA BANLIEUE AU CINEMA
Entre
"eldorado du dimanche " des années 30-40 et univers bloqué entre
voies ferrées et usines insalubres, refuge de toute la marginalité
traditionnelle des gens du voyage, les cinéastes désignent d'emblée la banlieue
comme un véritable territoire plus que comme un décor de circonstance. Il faut
attendre la seconde moitié du siècle pour qu'elle envahisse les écrans sous
l'essor de la reconstruction et la reprise de l'exode rural. Et si les années
60-70 voient poindre les premières contestations - anonymat, uniformité,
monotonie y sont vilipendés-, ce sont les années 80 et 90 qui amèneront
un changement de perspective, et au-delà d'une réalité violente et
contradictoire, une réappropriation nécessaire des lieux. Le cinéma, sans doute
en avance sur la société et les phénomènes de mode, y met en scène plus qu'un
corps social fragilisé par le chômage et la drogue, une communauté nouvelle,
tout en diversité ethnique, où solidarité et fraternité ont désormais un sens.
Banlieues et
faubourgs sont au cinéma depuis toujours, plus qu'un décor, un territoire,
acteur à part entière de la narration, donnant dès les premières images sens à
l'action qui s'y déroule : qu'on pense à des œuvres aussi différentes que
" le jour se lève " de Marcel Carné ( 1938 ), " Notre Dame de la
Mouise " de Robert Péguy ( 1941 ), ou plus près de nous, " Un , deux,
trois soleil" de Bertrand Blier. Pourtant au fil des ans et des œuvres, le
territoire de la banlieue peut revêtir des significations diverses, voire
opposées.
Mais si le cinéma
français n'a , de 1895 au début des années 50, ignoré ni la banlieue ni les
faubourgs, c'est essentiellement dans la seconde moitié du siècle que ces
territoires ont envahi l'écran, au moment même où la structure urbaine,
sous la double pression des nécessités de la reconstruction et de la reprise de
l'exode rural, se modifiait en profondeur.
L'obligation de
construire rapidement un grand nombre de logements combinée à des impératifs
budgétaires ne privilégiant pas, alors, l'accès à la propriété individuelle, amena
l'expansion à la périphérie des villes, de ces grands ensembles que des
architectes de génie avaient rêvé phalanstères heureux et qui s'avérèrent à
l'usage plus lieux d'ennui que de bonheur.
Cette épopée,
pour le meilleur comme pour le pire, les cinéastes l'ont porté à l'écran, dans
un mouvement chronologique à double détente : tentant d'abord, jusqu'aux années
70, de transcrire et circonscrire l'espace nouveau qui s'offrait à eux, puis,
particulièrement du milieu des années 80 à aujourd'hui, en dépassant cette
image construite à coup d'éléments récurrents, souvent au bord du stéréotype,
par la prise en compte attentive de l'originalité des populations.
Le cinéma
français met en scène, dans les années 60-70, la monotonie des banlieues
nouvelles, plus souvent traitées en plans larges qu'en plans rapprochés,
espaces uniformes mais espaces tout de même. La banlieue à la fin des années
70, se définit, au cinéma, d'abord par la présence de grands ensembles, barres
et tours, devenus à l'écran incontournables comme dans la vie, mais ne paraît
pas introduire dans le continuum social de rupture véritable. Tout au plus son
évolution engendre-t-elle pour ses habitants un stress nouveau, résultant des
longs moments passés dans les transports en commun et de l'uniformité du décor,
prix à payer pour le confort de logements modernes, clairs et aérés.
Les cités de
béton ont cessé d'engendrer du rêve et le temps du cauchemar petit-bourgeois
est dépassé : réinstallation de l'humain au cœur du béton.
La cité et ses
grands ensembles continuent d'être le lieu où se reconnaît la banlieue, mais la
perspective change. Les plans larges, souvent plans d'organisation, donnant à
voir la totalité d'une cité, parsèment les films, ainsi dans :
·
"
De bruit et de fureur " Jean -Claude Brisseau ( 1988 )
·
"
La Haine " Mathieu Kassovitz ( 1995 )
·
"
L'argent fait le bonheur " Robert Guédiguian ( 1993 )
·
"
Raï " Thomas Gilou (1995 )
·
"
Un, Deux, Trois soleil " Bertrand Blier ( 1993 )
·
"
Salut cousin " Merzak Allouache ( 1996 )
Ils soulignent
l'anonymat des banlieues et interviennent de façon à interpeller le visiteur-
spectateur - voyeur, et pas seulement pour affirmer, comme dans le cinéma de la
période précédente, l'inhumanité des lieux. Le comble de cette situation est
atteint dans : " Réveillon chez Bob " de Pierre Granier- Deferre (
1984 ).
Elle est
désormais une réalité, violente et contradictoire, avec laquelle il faut
compter. Elle est pour nombre d'urbains, un lieu de vie véritable et pas
seulement un ghetto, mais au fil des films on voit bien qu'elle le demeure :
" la haine ", " Raï ", " Elisa ".
La cité est un
lieu assumé, un territoire habité dont la marque est désormais moins
l'environnement architectural que les hommes qui la peuplent; affirmation d'une
diversité ethnique plus ou moins bien assumée. La banlieue dans le cinéma
d'aujourd'hui, c'est avant tout le mélange des populations résultant de
l'immigration : Ainsi on retrouve les œuvres citées plus haut
mais aussi :
·
"
Romuald et Juliette " ( 1989 )
·
"
La Crise " Coline Serreau ( 1992 )
·
"
Le denier été " Robert Guédiguian ( 1981 )
·
"
Rouge midi " ( 1984 )
·
"
Etat des lieux " Jean-François Richet ( 1991 )
Ces films
montrent, sous les signes contradictoires de la bonne entente et de
l'opposition, la cohabitation de femmes et d'hommes de cultures et traditions
différentes.
En effet dans le
monde des cités tel que le cinéma le représente, les choses sont plus
complexes.
La bande qui met
en coupe réglée la cité de " De bruit et de fureur " est aussi
multiethnique que celles qui s'affrontent dans " L'argent fait le bonheur
", s'inventant des frontières pour faire comme tout le monde. Français et
beurs ou blacks, Céfrans et rebeux, parce qu'ils sont de la cité, se lient
d'amitié.
Il y a là un
singulier paradoxe que cette puissance d'intégration des banlieues,
généralement décrites comme des lieux d'exclusion, tant dans la grande
presse que dans le discours politique dominant, proclamée par le cinéma et
résumée de façon magnifiquement contradictoire dans " La crise "
lorsque Michou déclare : " J'aime pas les arabes, sauf Djemila parce
qu'elle a épousé mon frère, Farid et mohamed parce que c'est des copains
d'école, l'épicier au bas de la rue …".
Ce n'est pas un
hasard si le cinéma lorsqu'il traite des banlieues, même de façon marginale,
met souvent l'école, lieu d'intégration par excellence, en scène. Il est
intéressant de mesurer l'évolution de la représentation de l'école dans les
deux films qui y consacrent la part la plus importante de leur propos : "
De bruit et de fureur" ( 1987 ) et " Le plus beau métier du monde
" (1996 ). Certes, l'on aura beau jeu d'insister sur la volonté "
réaliste ", par delà la forme souvent onirique du film de Brisseau et sur
les effets appuyés de la comédie, " tellement parée de bonnes intentions
qu'elle n'évite pas les dérapages ", de Gérard Lauzier.
Ce que révèle la
majorité des œuvres des années 90, c'est que les banlieues sont grosses, dans
un monde qui paraît s'effriter, d'une nouvelle morale, fondée sur le
respect de l'autre et la solidarité.
La marque du
multiculturel et du multiethnique, qui désormais est l'indicateur le plus sûr
de l'univers des banlieues, évolue au cinéma vers le positif.
Cette
représentation, étonnamment optimiste, même si elle ne néglige ni le cancer de
la drogue, ni une délinquance institutionnalisée, passe, en général par des
personnages de femmes fortes et solidaires. Si " La haine " est de
toutes ces œuvres la plus dure, c'est que les femmes y sont quasiment absentes.
La banlieue :
territoire dont les marques sont les hommes qui y vivent
La banlieue des
cités est au miroir du cinéma français récent, porteuse d'un message ambigu.
Elle est, parce que rassemblant des femmes et des hommes de toutes origines, un
fantastique terrain d'intégration, mais, par bien des aspects, d'intégration
négative. L'amalgame qui se fait dans les banlieues, est souvent, à l'écran,
celui d'un repliement sur soi, 'un dépassement communaliste, qui aboutit à une
communauté nouvelle, à son tour en marge. Mais la volonté d'aller plus loin ne
manque pas : virées en vile, dans l'autre monde : " La haine ",
" Raï " , ou prise en charge par les femmes d'une reconstruction du
lien social dans toutes ses dimensions.
Le cinéma,
peut-être en avance sur la société, voit dans les banlieues non plus seulement
des friches sociales mais le creuset où s'élabore la société de demain. Le
propos peut surprendre et même choquer. Pourtant en construisant une
représentation des banlieues d'abord fondée sur les hommes, les cinéastes,
au-delà de préoccupations mercantiles et d'effets de mode que l'on peut
mesurer, ont choisi non de témoigner d'un réel opaque mais de lui donner un
sens, de l'ordonner en conscience, assumant pleinement leur rôle de créateurs,
préparant le futur avec les lambeaux du présent, poètes au sens qu' Hugo
donnait à ce terme. Dans l'œil de la caméra les marques de la banlieue ont pour
nom solidarité et fraternité, elles n'occultent pas celles laissées sur un
corps social fragile par le chômage et la drogue, mais en annonce le
dépassement; et si l'avenir encore une fois se lisait dans les marges…
DEUXIEME
PARTIE
PROUVER
L'EXISTENCE DE STEREOTYPES VEHICULES SUR LES JEUNES DES CITES DANS LE CINEMA
FRANÇAIS A PARTIR DES CRITERES DEFINITIONNELS DU STEREOTYPE
·
La
violence
Le stéréotype
agit suivant plusieurs niveaux de discours. Il relève d'une certaine "
banalité ", en effet il est souvent assimilé au cliché lorsqu'on insiste
sur son caractère d'automatisme réducteur. C'est un figement qui se produit
quand deux ou plusieurs unités ( sur des plans qui peuvent être linguistique,
thématique, iconique,…) perdent de leur indépendance combinatoire. C'est dire
que les possibilités combinatoires de la langue ne sont pas contraintes
uniquement par la syntaxe et la sémantique, mais que certaines combinaisons
sont figées par l'usage, figées au point d'ailleurs d'entrer en conflit avec le
déroulement sémantiquement normal du discours. Le stéréotype est donc perçu
comme l'association paradigmatique ou syntagmatique, figée ou semi-figée,
d'éléments à l'origine indépendants.
Dans les films
faits sur la banlieue, on peut remarquer une certaine tendance à banaliser le
phénomène de la violence. Par exemple dans un film comme " Ma 6-T va
crack-er ", on ne compte plus les scènes de violence. La violence se
manifeste à tous les niveaux, aussi bien dans le conflit permanent avec les
forces de l'ordre, que dans les rapports qu'ils entretiennent avec les autres
membres de la cité, que ce soit entre groupes différents ou entre le membre
d'un même groupe. Banlieue semble rimer avec violence. Constatant que
pratiquement tous les films faits sur la banlieue mettent les jeunes à l'avant
scène, cette violence est donc aisément associée aux jeunes. Banlieue ne rime
donc plus seulement avec violence, mais également avec jeunes. Cette
banalisation de la violence ne semble même plus surprendre le spectateur, qui a
déjà intégré ce phénomène comme étant caractéristique de la banlieue. Dans ce
qui a trait au stéréotype ici, on retrouve donc bien le caractère banal propre
au stéréotype, mais aussi le caractère d'automatisme mental de la pensée qui
tend à associer des éléments normalement indépendants.
Employer un
stéréotype, c'est répéter, véhiculer des valeurs, des modèles d'écriture, de
pensée, de comportement, souvent inoriginés. Le stéréotype se manifeste sur le
double plan de la durée et de la collectivité linguistique et culturelle sans
que son point de départ soit précisément localisable, par celui qui y a recours
comme par celui qui le décode.
Violence dans
les rapports avec la police
On assiste donc à
une banalisation du phénomène de violence dans les films qui mettent en scène
la cité, et aussi à une répétition, au sein des films eux-mêmes comme on l'a
vu, mais aussi d'un film à l'autre. Par exemple, dans le film " La
haine " on s'aperçoit qu'en 24 heures les jeunes protagonistes se
retrouvent pas moins de 5 fois en contact avec la police. Est-ce pour souligner
la présence pesante et traqueuse de la police dans les quartiers, n'est-ce pas
de l'ordre du stéréotype? A plusieurs reprises dans le film les trois
protagonistes se retrouvent en conflit avec la police :
·
dès
les premières scènes du film la caméra se pose en gros-plan sur l'arrière du
crâne d'un des jeunes protagonistes, elle passe au-dessus de sa tête et on
découvre les CRS qui lui font face
·
puis
après une descente de la police dans les sous-sols des immeubles, le frère
d'Abdel se fait arrêter
·
plus
tard dans le film c'est au tour de Saïd et d'Hubert d'être interpeller au
moment où ils sortent de chez Astérix, le dealer, ils se retrouvent au poste de
police
·
la
police intervient encore une fois quand les trois lascars sont sur le point de
voler une voiture
·
la
fin du film reprend l'image du début : le face à face entre la police et un de
ces trois jeunes, se terminant avec la mort d'Abdel.
En effet à force
d'affrontements sans merci, les réalisateurs en arrivent à simplifier les
relations complexes qui existent entre forces de l'ordre et jeunes de la cité.
C'est curieusement dans ces deux films qui ont eu le plus de succès auprès du
jeune public que ces conflits sont les plus évidents et les plus récurrents.
Jean-Claude Brisseau, réalisateur de "De bruit et de fureur", disait
dans un entretien par Françoise Puaux dans Cinémaction no 91 " Ce qui me
choque, ce sont les films français sur les jeunes, bien que certains rentrent
dans cette catégorie de films sur la banlieue. Ils sont totalement démagogiques
et toujours bâtis sur le même modèle : la société y est globalement méchante,
les adultes dérisoires, les jeunes dans le vrai face à des " flics "
que l'on peut descendre, puisque ce ne sont pas des êtres humains…".
Violence avec
les autres membres de la cité
On retrouve donc
les affrontements avec le hors-banlieue et particulièrement avec les structures
étatiques répressives : beurs, blacks, blancs face aux " keufs ",
mais cela ne se limite pas là, les tensions internes sont aussi très
représentées dans les films sur la banlieue. On peut donner l'exemple de
Marcel, le chef de tribu français de " De bruit et de fureur ",
toujours prêt à tirer sur tout ce qui bouge, mais " asocial anarchisant
", se dégrade au fil du film en un beauf ultra violent rejeté par la cité.
Dernier de sa race dans " Elisa ", sadique petit bourgeois dans "
Un, deux, trois soleil ", colonial obtus dans " le plus beau
métier du monde ", il est à l'intérieur des cités la caricature du
regard qu'y porte l'extérieur.
Dans "
Raï ", elle se manifeste dans les relations avec les autres membres,
elle est généralisée. Dans ce film, on constate une accumulation des scènes de
bagarres : bagarre entre copains, bagarre avec les policiers, bagarre avec des
jeunes appartenant à des " gangs " différents, bagarre entre frères,….
·
Du
sociotype au stéréotype
Le stéréotype se
définit donc par son caractère " banal ", son caractère d'automatisme
mental qui tend à associer divers éléments mais au-delà de ces deux
caractéristiques, il convient de noter l'élément de simplification qu'il
constitue. La réalité est simplifiée avec, pour résultat, non une clarification
mais une mise à l'ombre d'éléments essentiels à la compréhension. Cette
simplification procède d'un choix limité d'éléments spécifiques, d'omissions
conscientes et de simples oublis. Le stéréotype tend également à englober
toutes les unités de la catégorie qu'il prétend cerner en quelques traits. Un
individu appartenant au groupe visé se verra appliquer d'office le même schéma
de comportement, de mentalité, de qualités ou de défauts. Le stéréotype est
donc également généralisation.
Dans tous les
films réalisés ces dernières années et qui ont récolté un certain succès, on
s'aperçoit qu'ils fonctionnent tous plus ou moins de la même façon. On retrouve
les mêmes stéréotypes comme celui du jeune délinquant, camé, voleur, paumé,
sans repères, sans notion du temps, en conflits permanents avec la police, sans
emploi, et dont la vie est rythmée par des accès réguliers de violence et de
crises passagères. En ce sens le stéréotype se perpétue, après, ce n'est que le
point de vue qui change.
Dans "la
haine" on réussit à percevoir le mode de vie des jeunes des cités par
des images qui sont comme des fragments de la réalité que nous transmet le
réalisateur Cette façon de simplifier quasi obligatoire est le seul moyen de
restituer notre vision du monde, entièrement ou partiellement à tort, et c'est
là que le souci d'objectivation est le plus manifeste. On peut d'ailleurs
constater que le phénomène de généralisation n'est pas aussi marqué d'un film à
l'autre. "La haine " ou " ma 6-T va crack-er" sont des
films motivés par un grand désir de transgresser des stéréotypes déjà
existants, de cette façon on peut remarquer qu'ils ne font qu'accentuer et
accréditer des idées préconçues. En effet en voulant détruire certains
stéréotypes, ces films cristallisent certaines images que le public a déjà en
tête concernant la banlieue. La forme se veut différente mais le fond reste le
même. On a cristallisation de représentations simplifiées préexistantes à
l'égard d'autres groupes d'individus, c'est seulement son appréhension
affective qui va varier.. c'est pour cela que le stéréotype va de pair avec le
préjugé, sa face affective. Par exemple dans " la haine " les 3
protagonistes principaux sont un blanc, un noir, un beur. D'ailleurs Mathieu
Kassovitz répondait à la question posée dans un article de " L'express
" du 11/05/1995 " Il y a un noir, un beur, un juif ? " : "
Je ne voulais pas que çà devienne une histoire de clans. Dans ce genre de
banlieue, les feujs [ juifs ] ne courent pas les rues, je l'ai fait pour le
folklore, et pour ma grand-mère…". Aussi dans le résumé du film "
Hexagone ", on nous brosse les portraits types de jeunes vivant dans la
banlieue : " Goussainville, 1993. Ali, Slimane, Staf, Nacéra et Samy sont
cinq jeunes beurs qui habitent un quartier populaire de cette ville de la
grande banlieue parisienne. Ils sont comme les cinq doigts de la main de Fatma
qui porte bonheur. Nacéra, la beurette qui aimerait conquérir un statut de
femme indépendante; Ali, l'intellectuel bosseur qui a réussi son bac; Samy, le
junky; Staf, " le sapeur "; Slimane, le chômeur consciencieux mais
trop desespéré pour trouver du travail sont autant de portraits types
comico-tragiques de la banlieue d'aujourd'hui."
Le frère
jaloux
Dans plusieurs
films on retrouve le portrait du frère jaloux. Des tensions se manifestent dans
les relations frère-sœur mais aussi entre père et fils. Le fils accuse souvent
le père de ne pas surveiller assez sa fille, comme par exemple dans "
Hexagone " quand Staf reproche à son père : " Tu la laisses
sortir ? Cà s'fait pas chez les arabes ". Mais cette jalousie peut être
maladive, c'est la cas du frère de Sahlia dans " Raï ". Il
rentre en conflit avec tous les hommes qui approchent sa sœur et en arrive même
à se battre avec ses copains, jusqu'à son père à qui il fait des reproches :
" Tu la laisses sortir ? Après c'est moi qui la surveille ".
De même "
Pierre et Djemila " qui raconte l'histoire d'amour entre une jeune
algérienne de quatorze ans et un jeune français de dix-sept ans, met en scène
le personnage du frère jaloux. L'amour entre les deux jeunes se heurte donc à
un obstacle majeur : l'autorité du frère de Djamila qui l'empêche de vivre
librement son histoire.
·
Le langage
des jeunes des cités
On peut cependant
relativiser les reproches traditionnellement adressés au stéréotype. Selon
Harding : " Le stéréotype schématise et catégorise; mais ces démarches
sont indispensable à la cognition, même si elles entraînent une simplification
et une généralisation parfois excessives. Nous avons besoin de rapporter ce que
nous voyons à des modèles préexistants pour pouvoir comprendre le monde, faire
des prévisions et régler nos conduites ".
C'est ce qui se
produit par rapport au langage. De plus en plus de mots en verlan sont utilisés
par les jeunes, de quelque milieu qu'ils soient. Des expressions comme "
c'est ma meuf " ou " voilà les keufs " sont légion. La diffusion
dans la société de ce type de langage peur laisser croire qu'il y a une volonté
d'appropriation par la culture dominante d'un langage parlé par une minorité.
En adoptant de cette façon un langage qui n'est en quelque sorte pas le leur,
la majorité a tendance à aborder de manière réduite et simplifiée un langage,
dans la réalité, complexe. Il s'avère que lorsque les jeunes concernés
constatent de façon collective et inconsciente, que " leur " langage
est parlé par d'autres, de nouvelles normes langagières émergent et, ainsi le
langage évolue. Cependant le langage des jeunes que l'on entend parler dans les
films ne semble pas évoluer aussi vite. Leur langage semble figé, on assiste à
la répétition de certaines expressions vulgaires : " nique ta mère !
", " ta mère ! ", " la vie d'ma mère ! "...comme si ce
langage était une transcription des représentations simplifiées que les membres
de la culture dominante ont à propos du langage des jeunes des cités. Dans
" raï ", le langage qu'utilisent les personnages est particulièrement
stéréotypé. On constate une utilisation massive et répétitive du verlan,
l'utilisation de mots d'argot toujours identiques, ainsi qu'un lot
impressionnant d'expression sublimant la violence.
La drogue, l'alcool : les
attributs de la banlieue
On vient de le
voir, le stéréotype procède d'un automatisme de la pensée, de mots, des images.
C'est un figement qui se produit quand deux ou plusieurs unités perdent de leur
indépendance combinatoire. C'est ainsi que lorsqu'on évoque la banlieue, les
mots " délinquance "," vol ", " drogue" semblent
venir automatiquement à l'esprit. Et dieu sait ce que la drogue circule dans
les films faits sur la banlieue. Elle sert l'autodestruction et mène souvent à
la mort. Ainsi Samy dans " Hexagone ", le junky qui meurt d'une
overdose dans les caves d'un immeuble à la fin du film. Cette scène est mise en
parallèle avec la scène d'un mouton qu'on égorge pour la fête de l'Islam (
l'Aïd El Kébir ), et souligne de cette façon la dimension symbolique du
sacrifice. A propos de la plaque d'imprimerie, on dit que chaque fois qu'elle
imprime, elle produit la même image et c'est ainsi que fonctionne le
stéréotype. L'image du " jeune drogué pourrissant dans le lieu de son
exclusion ( les caves des immeubles ) ", on la retrouve dans d'autres
films. Comme par exemple Rustine dans " le thé au harem d' Archimède
", jeune camé à l'article de la mort qui vit la déchéance dans les caves
des immeubles, ou même Nordine dans " Raï " qu'on retrouve
l'élastique au bras dans la salle de bain de l'appartement familial. Cette
misère n'est pas seulement liée à la drogue, l'alcool, autre fléau y est aussi
présent. Particulièrement dans " Le thé au harem d'Archimède " où
l'alcool semble être la gangrène de la cité. L'épidémie atteint les immigrés de
la première génération avec le père malade que Madjid va chercher tous les soirs
au bar du coin, et qu'il ramène à la maison, titubant. Elle se propage et
touche aussi les enfants :Madjid et son copain passent leur temps dans les bars
et ne perdent pas une occasion pour se saouler. Combien de fois Madjid
rentre-t-il saoul chez lui et récolte-t-il les réprimandes de sa mère : "
Tu as bu ? Ivrogne… Tu n'as pas honte…Soulard…bon à rien…clochard…". Que
font les jeunes de leurs soirées? Quand ils ne sont pas au bar ou à trainer
dans les entrées des immeubles, on les retrouve buvant des bières et fumant des
joints dans les sous-sols des immeubles. Sans compter le nombre d'ivrognes que
les jeunes croisent dans la cité, jusqu'aux cabines téléphoniques ne
fonctionnant plus et qui deviennent le refuge des ivrognes. On peut donc
observer une certaine tendance à la généralisation dans la façon dont le
réalisateur insiste sur le fléau que représente l'alcool. Cette façon d'aborder
le thème de l'alcool relève en quelque sorte du stéréotype qui se définit ainsi
dans " stéréotypes et clichés " ( collection 128 )
: " Manières
de penser par clichés ( le stéréotype est souvent assimilé au cliché lorsqu'on
insiste sur sa banalité, son caractère d'automatisme réducteur ), qui désigne
les catégories descriptives simplifiées basées sur des croyances et des images
réductrices par lesquelles nous qualifions d'autres groupes ou d'autres groupes
sociaux, objets de préjugés ".
On peut remarquer
que si l'alcool semble être davantage associé aux banlieue dans les années 80,
la drogue, prend le relais dans les films réalisés dans les années 90. On sait
que les stéréotypes sont des images préconçues et figées, sommaires et
tranchées et qu'un ensemble de constantes subsistent à travers les variations
que peut subir le stéréotype. On observe un phénomène constant dans les
représentations de la banlieue comme un univers malsain où sévissent la drogue
et l'alcool.
·
Le tag
Le caractère
réducteur du stéréotype va au-delà de la représentation thématique que l'on se
fait de la banlieue, il affecte aussi les représentations iconiques. Certaines
images sont associées à la banlieue, elles se propagent d'un film à l'autre,
comme des constantes. Ainsi dans le même style le caractère banal du stéréotype
se manifeste à propos du tag. Comme le cite X dans un article de "
Cinémaction " no 91 : " …marquage de la cité par les signes de ceux
qui y vivent, le tag devient le pont aux ânes des films de banlieue". En
effet, le tag est devenu le signe particulier de la banlieue et des jeunes. On
le retrouve occupant les entrées d'immeubles dans de nombreux films comme
" IP5 " de Jean-Jacques Beneix, 1993, " Elisa " de Jean
Becker, 1995, " La haine " de Mathieu Kassovitz ou encore dans "
Le plus beau métier du monde "de Gérard Lauzier, 1996. Le tag se répand sur
les murs de la cité et devient la banalité presque obligée pour signifier la
cité, justement parce que le spectateur en fait une référence.
TROISIEME
PARTIE
LECTURE DU
STEREOTYPE
: le jeune camé : Nordine dans " Raï " :
code
linguistique :
intonation : manière de s'exprimer
typique des
jeunes de la cité : intensité
de la voix, débit
de parole rapide, langage
peu articulé
vocabulaire : limité, beaucoup de mots
en verlan,
expressions argotiques,
vocabulaire peu
varié
Actes de
langage :
insultes, langage
agressif, violent,
attitudes de
défense
Règles
conventionnelles :
Ne respecte pas
la loi, délinquance :
Vol du camion,
achat de drogue,
porte une arme
Pratiques
sociales :
Chômeur, drogué
Champ
thématique :
Violence
physique, verbale,
jeune sans
repères,
loser de la
famille
Codes
vestimentaires :
pantalon de
survêtement
baskets,
casquette à l'envers,
vêtements de
marque
QUATRIEME
PARTIE
L'IMAGE
FILMIQUE : VECTEUR DE STEREOTYPES
" Le cinéma
( narratif et figuratif ) n'est pas un simple support visuel mais un vecteur de
la langue-culture ( entendue au sens où elle est l'union de contraintes
linguistiques, de règles conversationnelles, de pratiques sociales du langage,
de conventions socioculturelles, de traits identitaires collectifs, de représentations
collectives…). L'image filmique doit être considérée à travers la pluralité des
codes qu'elle véhicule, comme un lieu de production de sens, une fenêtre
ouverte sur la civilisation qui la génère. Elle est à la fois à l'intérieur et
à l'extérieur du sujet puisqu'elle lui permet de regarder au- dehors vers la
société et la culture qui l'informe, et qu'elle le renvoie en même temps à sa
propre image et à sa propre identité ". En ce sens, l'image filmique,
parce qu'elle est avant tout code visuel, est aussi un véhicule pour les
stéréotypes. En effet : " la dimension iconographique permet à l'image
d'être un vecteur particulièrement efficace du fait culturel et par là du
stéréotype socioculturel ".
On l'a vu de
nombreux films ont mis en scène les banlieues et les gens qui l'habitent. Dans
tous ces films on retrouve des constantes au travers d'images récurrentes qui
relèvent le plus souvent du stéréotype. Ces images se répètent d'un film à
l'autre, elles nous renvoient des fragments de la réalité figée et simplifiée.
Cependant il est vrai que si l'image filmique permet une " duplication
" du réel, l'intention de l'auteur n'est pas sans incidence sur le message
porté par l'image. Ainsi dans cette perspective, on peut nuancer cette citation
de Doumazane qui disait que : " le cinéma fonctionnant comme un double du
réel, il nous renvoie des images qui sont de véritables duplications de la
réalité ", car en effet : " de la ressemblance entre l'image et ce
qu'elle représente naît cette illusion analogique qui peut faire croire que le
cinéma ne fait qu'enregistrer le réel, sans mise en forme, sans langage : la
réalité est bien autre…". Le langage que va utiliser l'auteur pour
exprimer son point de vue varie d'un réalisateur à l'autre. D'après Deleuze :
" une image ne vaut que par les pensées qu'elle crée. Dans les images que
vous distinguez, l'image plane n'est pas séparable d'une pensée qui réagit sur
elle, et qui varie d'ailleurs avec les auteurs ". Certains réalisateurs
auront un véritable souci d'objectivation, d'autres tomberont plus facilement
dans le stéréotype parce qu'il adopteront une attitude plus démagogique. C'est
ainsi à l'opposé d'un film comme " le thé au harem d'Archimède ",
filmé d'un point de vue des acteurs, on trouve des films comme " ma 6-T va
crack-er ". La violence, présente tout au long du film n'échappe pas au
stéréotype, notamment dans la façon de présenter les événements. La tension
monte progressivement et atteint son apogée à la fin du film. Alors on assiste
à une scène opposant forces de l'ordre et jeunes de la cité : d'un côté les
CRS, représentants de l'ordre, de la discipline ( ces emblèmes sont mis en
valeur par un travelling latéral découvrant les rangées d'hommes prêts à
l'assaut ), face à eux on découvre les jeunes rebelles incarnant l'anarchie, la
délinquance, le désordre ( des mouvements de caméra désordonnés accentuent
cette impression ). Les procédés cinématographiques mis en œuvre permettent de
souligner l'opposition entre les deux groupes et dans le même temps ont tendance
à schématiser des rapports, dans la réalité, complexes.
CINQUIEME
PARTIE
PROPOSITIONS
POUR DES APPLICATIONS PEDAGOGIQUES
L'étude
méthodique des stéréotypes au cours de français doit permettre :
·
la
découverte de l'image de la France partagée par d'autres nationaux.
·
La
mise à jour du fonctionnement et du mécanisme des stéréotypes.
- des
informations diverses pouvant éclairer ces stéréotypes.
En abordant les
stéréotypes tant hétéro, qu'auto, les apprenants seront amenés à se pencher non
seulement sur la culture étrangère, mais aussi sur leur propre culture
maternelle. Ils porront ainsi appliquer les outils d'analyse et de réflexion
utilisés lors du cours pour approcher leur propre culture.
A propos des
stéréotypes véhiculés sur les jeunes des cités dans le cinéma :
1ère
étape :
·
Réussir
à repérer les stéréotypes et à en décrire le contenu.
Tout d'abord, il
convient de partir de l'image toute faite qu'ont les apprenants en tête
concernant les jeunes et la banlieue en France. On pourra guider leur réflexion
en leur faisant remplir une " grille de lecture " sur :
·
leurs
biens matériels
·
leur
aspect physique
·
les
attibuts symboliques
·
les
lieux de référence
·
les
personnalités
Puis après avoir
visionner quelques extraits de films, ils pourront reprendre le même travail en
essayant de localiser les stéréotypes.
2ème
étape :
·
Sensibiliser
les apprenants à d'autres types de supports médiatiques qui vont aussi
véhiculer des stéréotypes en s'appuyant sur des documents authentiques :
·
dessins
satiriques
ex : dessin de
Plantu paru dans le monde en 1991 ( Annexe 1)
·
affiches
de films ( ex : l'affiche du film " Raï " )
3ème
étape :
Relativiser les
stéréotypes en abordant le problème de la véracité :
·
en
travaillant sur des textes de chanson par exemple.
ex : la chanson
rap
( voir "
Cinéma et Chanson : pour enseigner le français autrement " de Françoise
Demougin et Pierre Dumont " pour une approche nouvelle à propos de la
chanson rap " )
·
en
travaillant sur des documents authentiques comme des interviews.
Ex : Les
interviews auprès de jeunes réalisés dans BT2 sur l'adolescence et la violence.
BIBLIOGRAPHIE