STAGES LONGS DU MINISTERE  DES AFFAIRES ETRANGERES 
Stages longs du MAE (Extrait de Trèfle 1996 )
L'année qui commence inaugurera pour les étudiants des filières FLE un type de stage connu pour le moment sous
le terme de stages longs du MAE (Ministère des Affaires Etrangères). Ils concernent les étudiants sortant de Maîtrise ou de DESS de FLE, à qui le MAE donne l'occasion de faire leurs premières armes au sein de structures dépendant de son autorité dans les pays étrangers. Ces stages s'étendent sur la période d'une année scolaire et sont non reconductibles. Selon la structure d'accueil, l'activité demandée peut être de l'enseignement, de l'animation culturelle, la participation à l'élaboration d'une opération de diffusion du français etc ...
Les stagiaires reçoivent un titre de transport aller-retour ainsi qu'un contrat d'assurance pour rapatriement éventuel, et sont rémunérés par une indemnité comportant une part française versée en France et une part locale versée sur place. Cette indemnité est naturellement fonction du niveau de vie local et des conditions faites au stagiaire (logé ou non, par exemple).
Pour l'année 96-97, le nombre de stages proposés est d'environ une cinquantaine, le tout dans une douzaine de pays : Slovaquie, Arménie, Vietnam, Israël, Slovénie, Estonie, Bulgarie, Syrie, Pologne, Laos, Lettonie, Ukraine.
La procédure de sélection se déroule en quatre temps :
a) MAE diffuse auprès des universités une liste des stages proposés ;
b) les candidats déposent leur dossier auprès de leur université respective qui les transmet avec avis au MAE, en les classant selon un ordre de mérite ;
c) une première commission effectue une présélection ;
d) une seconde commission publie la liste finale des candidats choisis, après résultats des examens de juin.
C'est le MAE qui exerce l'entière responsabilité du choix des candidats après avis de la commission composée de représentants du MAE lui-même, de la Direction de l'Enseignement Supérieur, et des universités. Les universitaires, au nombre de 7 ou 8,exerceront ce rôle de façon tournante.
Les stages de l'année 96-97 constitueront une première. L'opération connaîtra certainement des réajustements après expérience, en fonction des bilans faits à l'issue des stages. Par ailleurs, pour rester fidèle au projet tel qu'il a été souhaité par les universités, il faudra veiller à ce que ces stages restent bien des postes supplémentaires par rapport à ce qui existe actuellement et ne viennent pas simplement remplacer des stages ou contrats déjà existants. Souhaitons bonne réalisation à ce projet en espérant qu'il permettra aux diplômés de FLE de s'engager plus facilement dans la profession qu'ils ont choisie.  Ch. Parpette (ANEFLE)

 
Stages longs du MAE : (Infos d'A.Schneider (Acad-MAE) sur Liste FLE - Mars 2000)
"Depuis 1996, le service de la formation de la direction des ressources humaines (et la direction générale des relations culturelles) du ministèredes affaires étrangères et le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie ont mis fin au système du stage long (assuré depuis la suppression du CREDIF uniquement par le CIEP sous le nom de stage CLE ou stage BELC long).
L'administration s'était engagée à examiner des solutions nouvelles,notamment par le biais de conventions entre le MAE et des universités proposant des DESS. Ceci est resté un projet, dont les velléités se sont vite estompées.
Bref : pour les fonctionnaires du MENRT comme pour les non-titulaires, c'est à chacun de prendre en charge sa propre formation."
Alain Schneider (Bratislava)

 
Témoignages de stagiaires longs :(extraits de Liste FLE)  http://www.egroups.com/list/fle/
"Je me trouve actuellement en stage long MAE en Lituanie a Vilnius.Deux autres stagiaires se trouvent en province et l'année prochaine il y en aura une de plus! Certes un stage reste un stage et tout n'est pas rose.Ce qui est clair c'est qu'aucun stage ne ressemble à l'autre.Le stage en Lituanie se deroule tres bien .La Lituanie est un tout petit pays en perpetuel changement.Cette annee une véritable révolution s'opère dans l'enseignement du francais et le Centre culturel francais de Vilnius est en grande partie a la source de ces changements.Il est donc particulierement interessant d'etre temoin et de vivre tout ca.Pour les stagiaires de Vilnius le poste se compose de 2 aspects: 12 heures de cours en lycee et des cours au centre culturel.En ce qui me concerne je travaille avec des enfants (7-10 ans) et des adultes (niveau 1 et niveau 3) en plus du lycee.Le salaire local ajoute a la bourse du CNOUS permet de vivre confortablement dans un pays au niveau de vie faible.
Pour d'eventuel candidats a un stage long du MAE:n'hesitez pas a inscrire sur votre dossier le nom de ces petits pays que sont la Lituanie,L'Estonie et la Lettonie. Pas tres engageants vus de loin ,on pense URSS,on pense froid!!Alors personne ne veut y aller alors qu'il y a une vraie richesse a decouvrir!!
Nous sommes actuellement 2 stagiaires en Lituanie issues de la maitrise de Grenoble.  En ce qui concerne le profil du stage en Lituanie voici les info principales: nous sommes 3.Je me trouve a Vilnius (la capitale) et les deux autres stagiaires sont en "province".Nous donnons des cours en lycée a raison de 12 heures par semaine.Pour ma part j'ai aussi quelques cours au
centre culturel avec des adultes et des enfants. La Lituanie etant un petit pays en perpetuel changement nous sommes constamment dans le vif du sujet.Nous sommes impliquees activement a toutes les manifestations concernant le francais et son
enseignement: semaine de la francophonie,olympiades de langue francaise,organisation des concours de langue francaise et jury de ces memes concours.... Tout cela donne un cocktail varie et très enrichissant!! Et pour tout ceux qui imaginent que la Lituanie est un pays gris et laid: venez voir par vous mêmes ,la surprise (agréable) est de taille! Pour d'éventuels futurs candidats,l'année prochaine il y aura 4 stagiaires (dont une A Klaipeda au bord de la Baltique);la bourse du CNOUS complétée par un salaire local permet de vivre confortablement et l'équipe du centre culturel est très dynamique.
Cela dit c'est assez scandaleux de constater que certains stages se déroulent dans des conditions deplorables.Qui controle ces conditions avant de proposer les postes? Qui s'assure que les stagiaires seront recus correctement ?"
STEPHANIE BARA


"Je suis actuellement en stage au Maroc, tout se passe très, très, très bien. Comme l'évoquait , je fais partie de ces jeunes stagiaires qui ont la chance de tomber sur un (une en l'occurence) attachée de coopération pour le français, qui prend à coeur son rôle de tuteur-maître de stage et me donne la possibilité d'apprendre énormément de choses et rend ce stage extrêmement formateur. En ce qui concerne le salaire, euh pardon la bourse de stage, je trouve que nous n'avons franchement pas à nous plaindre. je touche ici, 5 fois le SMIC marocain, ce qui me permet de vivre plus que confortablement, et tout ce que j'ai pu entendre dire de  mes anciens camarades partis eux aussi cette année, confirme ce sentiment. je regrette vraiment que cela ce soit mal passé en Amérique du Sud et j'espère que quelqu'un veillera à ce que cela ne se reproduise plus, mais je pense qu'il ne faut pas faire d'amalgame etde généralisation abusive."
TANIA LELOUP


 "Je réalise un stage long MAE en Finlande. J'enseigne le fle dans le département de français à l'université de Turku, et j'interviens dans différentes écoles primaires, collèges et lycées du pays (essentiellement des établissements kimmoke).
Deux autres stagiaires MAE travaillent à Jyväskylä et Tampere(Karine Larcher de Jyväskylä s'est déjà présentée à vous tous), et nous sommes rattachées au CCF (Centre Culturel Français d'Helsinki).
Bien que nous travaillions toutes trois dans le même pays, nos activités sont différentes et nos stages ne se ressemblent donc pas complètement. En réaction à tous ces messages concernant les stages longs MAE, je tiens à  dire que mon expérience ici est formatrice et enrichissante. De plus, la bourse du CNOUS et les indemnités journalières locales me permettent de vivre vraiment correctement. Pour résumer le profil du stagiaire en Finlande, je dirais qu'une capacité de mobilité (de nombreux déplacements sont prévus en dehors du lieu de rattachement) est requise ainsi qu'une facilité d'adaptation à la longue période hivernale (températures, luminosité)".
MARIE LAURE BAUDIN
Quelques considérations interculturelles pour dépasser les stéréotypes:
- Les Finlandais pallient-ils ce manque de luminosité par des compléments artificiels : prise de vitamines ou de médicaments, luminothérapie, intensité de la lumière intérieure... ? -(Question du modérateur Yves Loiseau)
"Oui, absolument. Il ne faut pas croire que seuls les étrangers souffrent du manque de luminosité l'hiver. On peut croire les Finlandais aguerris, ils ne le sont pas ou du moins inégalement. Ils s'en plaignent au moins autant que nous! Beaucoup compensent par l'achat de lampes spéciales á Uv, et il existe en Finlande un vrai culte de la bougie!
- Y aurait-il relation entre le fait que la nuit (l'obscurité) soit plus longue et le fait que les élèves aient des "mines endormies" (parce qu'on peut supposer que leur temps de sommeil reste le même tout au long del'année) ? Faut-il que le soleil se lève pour que les élèves s'éveillent ?
"Bonne question, á laquelle je ne peux répondre que par mon expérience personnelle. Cela dit, je pense que les Finlandais ressentent la même chose, la seule différence c'est qu'ils en connaissent mieux les causes et les remèdes! Je travaille en Finlande Centrale, á environ 400km au Nord-Ouest de Helsinki (on remarque déjà des différences de temps de luminosité entre ces deux points). Entre fin novembre et fin janvier, c'est la période la plus dure, où le jour (il ne faut même pas parler de soleil, il est quasiment toujours aux abonnés absents) se lève péniblement vers 10h pour commencer á sérieusement décliner vers 14h. A 15h, il fait nuit noire. Imaginez: entre 4 et 5 heures de jour quotidiens. Voilá une chose á laquelle le corps ne peut que réagir. J'ai pour ma part éprouvé une grande fatigue. Mon rythme de vie a complètement changé. Quand il faut se lever le matin et qu'il fait nuit noire, c'est pas facile; mais quand vous sortez de classe vers les 15h-16h et qu'il fait déjà nuit, c'est encore plus dur. Ca donne l'impression que la journée est terminée et la soirée bien entamée alors qu'il n'en est bien sûr rien. On a donc l'impression que le temps s'étire de manière extrêmement lente. On se calfeutre chez soi ou l'on s'adonne á des activités d'intérieur (on peut á la rigueur faire du ski, les pistes sont généralement éclairées). Mais l'impression de fatigue, de déprime morale est bien là, sans qu'on sache vraiment pourquoi lorsqu'on découvre ca pour la première fois! Je pense que les Finlandais ne s'y habituent pas vraiment non plus (c'est ce qu'ils disent). Quand on passe de l'été où c'est la nuit qui dure entre 4 et 5h, á l'hiver (les saisons intermédiaires étant quasi-inexistantes), j'imagine que ca fait un choc! Voilà qui explique la mine endormie des élèves, la fatigue n'est sans doute pas feinte!"
Bien cordialement,
Karine LARCHER (en stage long FLE du MAE á Jyväskylä, Finlande Centrale)