MAPPAS EMMANUELLE

Maîtrise de Français Langue Etrangère

Unité d’Enseignement IV a dirigée par M CHEVREL

SUJET DISCUTE :

L’IMAGE DE LA FEMME BLONDE DANS LA SOCIETE FRANCAISE,

REGARD JALONNE PAR LES BLAGUES SUR LES BLONDES



INTRODUCTION

Page 3.

PARTIE I : L’image de la femme telle qu’elle est véhiculée par les média propose une lecture nomenclaturée ; la femme blonde voit ces traits lui être retourné de plein fouet.

Page 4 à 7.

PARTIE II : Les blagues sur les blondes nous semblent être un bon appui pour valider cette perspective ; mais elles fonctionnent elles aussi selon des codes qu’il faut démêler.

Page 8 à 11.

PARTIE III : Nous avons établi un questionnaire pour vérifier si nos hypothèses se trouvent cautionnées par la grande majorité des anonymes.

Page 12 à 19

PARTIE IV : Fiche didactique.

Page 20 à 25.

CONCLUSION

Page 26.

Il y a des moments, dans la vie, où l’on se pose plein de questions existentielles :

Si la belle de Cadix avait été blonde, ses yeux de velours eussent-ils été chanté ?

Dans Tristan et Iseut, Iseut ne serait-elle pas la première blonde débile ?

Au fait, est-ce que la Bible dit de quelle couleur étaient les cheveux d’Eve ?

Pourquoi diable Lio chante-t-elle « les brunes comptent pas pour des prunes » ?

Quelqu’un sait-il pourquoi les hommes se teignent les cheveux en blond(e) ?

Non parce que, comme la société actuelle fige les formes, les matières, les odeurs… et leur donne sens,

alors on se demande selon quel angle elle juge le, ou plutôt, les, physiques.

C’est à dire : si sexe, taille, poids, teint, etc, sont ancrés dans les nomenclatures de beauté et de laideur,

Alors qu’en est-il de la couleur des cheveux ?

Quel sens a-t-on donné au fait d’être blonde, brune, rousse, violette ( ! ), chauve ( ! ) ?

Zoom sur la blondeur féminine et sur les éventuels présupposés que cela implique :

« L’image de la femme blonde dans la société française,

regard jalonné par les blagues sur les blondes. »



Avant de nous immerger dans le monde des blondes, il convient de faire un détour dans celui des femmes car comme disait Simone de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient » (Le deuxième sexe, Paris, Gallimard, 1949). De fait, cette formule provocatrice illustre notre intention de montrer en quoi l’identité féminine est une construction sociale ancrée dans les consciences. Puis, dépassant cela, notre but sera de montrer comment « on ne naît pas blonde, on le devient » !

l Dans la société actuelle, les femmes, porteuses d’innovation, sont exposées à des formes de ségrégation et tout se passe comme si les discriminations de sexe séculaires avaient revêtues des formes plus complexes, moins apparentes, mais néanmoins toujours présentes et opérantes. Dès lors, le fil conducteur qui guidera notre propos se résume dans une expression du langage courant, qui peut valoir de principe et de méthode : pointer les préjuger ou idées reçues véhiculés sur la femme par le biais des médias (émissions d’information, de fiction ; publicités ; magazines…) qui jouent un rôle déterminant dans la socialisation en ce qu’ils peuvent être perçus comme les chaînons d’une industrie de la conscience qui a le pouvoir de refuser ou de conformer une image donnée.

Et le mot est lâché : celui d’ « image ».

â Si l’on regarde tout d’abord les faits historiques, on se rend compte que malgré quelques rapprochements constatés, les modèles de comportements masculins et féminins restent encore fortement tranchés. Ainsi les discriminations de sexes dans la société désignent-elles concrètement des différences de fonctions, de statuts, de droits et de devoirs.

Et les inégalités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui et ne seront pas celles de demain, car l’acteur social n’est pas un être androgyne ! Aussi l’émancipation féminine semble-t-elle réglementée dans la limite autorisée de la reproduction des identités de sexes, c’est à dire dans l’ordre de leurs inégalités.

Par conséquent, une spécificité féminine présumée semble s’exprimer dans nos représentations quotidiennes.

âArrêtons-nous alors un moment sur l’image sociale de la femme telle qu’elle est présentée ou représentée dans les médias. Il semble que journaux télévisés, feuilletons, publicités (…) ne soient pas neutres et qu’ils constituent de ce point de vue un miroir révélateur de nos mentalités et de nos stéréotypes de sexes.

Ü De fait, les médias se font informatifs ou persuasifs par le biais d’une récupération lucide de phénomènes soigneusement étudiés et établis car ils doivent se vendre et vendre. Et l’image se veut efficace, sans détours :dans le milieu publicitaire on établi un scénario en vu de produire des effets hiérarchisés (attirer l’Attention, susciter l’Intérêt, provoquer le Désir, déclencher l’Achat ou l’Action) ; c’est la méthode AIDA où l’illustration ne se borne pas seulement à « représenter » mais aussi à signifier par le biais d’un réseau de symboles conscients ou inconscients.

Ü Mais comme le problème n’est pas ici de connaître le fonctionnement de l’identification ou le système de symbolisation mais bien plutôt de déceler leur existence et ainsi d’essayer de mettre en lumière le type de femme auquel le consommateur est renvoyé, le type d’existence auquel les médias les assignent ; alors, nous dirons qu’il est proposé du symbole « interprétatif » qu’est devenue la femme, deux types d’images distinctes auxquelles sont noyautées une série de mythes propres à certaines valeurs fondamentales du groupe et propres à ériger une définition immuable de la nature féminine.

L’une de ces images est celle du personnage traditionnel de la mère de famille. En publicité, elle vente les mérites des produits d’entretien, des aliments, des appareils ménagers… Il est cependant vrai que les publicitaires s’évertuent depuis peu à euphémiser les relations domestiques, en mettant en scène des maris modèles, les mains dans la vaisselle, ou inquiets de la qualité des couches culottes.

Et quand la femme est représentée en situation professionnelle, elle est soit en relation de subordination hiérarchique, soit un simple prétexte esthétique. Alibi qui atteint son paroxysme dans l’irréel de situations où une jeune femme « sexy » préside un conseil d’administration du haut de ses vingt ans.

Tout concourt, de façon manifeste ou subreptice, à présenter, dans le message verbal publicitaire ou fictionnel, ou dans le non-dit qui l’accompagne, la femme comme le personnage incarnant « naturellement » les qualités de beauté, séduction, charme, élégance… C’est l’image de la femme érotisée : mieux que quiconque, elle est attendue exprimer ces vertus en toutes occasions.

Et l’éventuelle nudité de son corps à une fonction symbolique précise. Elle est le gage de sa féminité, de sa finesse, de sa douceur : elle fait coïncider l’image de la femme à celle de la nature et de la pureté et constitue à ce titre un argument efficace de vente ou d’attachement affectif ou esthétique. Dans d’autres cas, la nudité féminine est sexuellement exploitée (dans les fictions, par exemple) : l’érotisme poussé propose une nudité faite pour attacher le regard.

Ainsi, en règle générale, l’image médiatisée de la femme corrobore les principaux rôles observés dans cette forme de réalité que l’on semble lui destiner en propre. Plus encore, elle les accentue, comme pour renforcer le préjugé devenu vérité qu’il existe des univers bien spécifiques aux hommes et aux femmes, et qu’en conséquence chacun doit rester à sa place, pour le bien de tous.

« Le social se superpose au naturel », mieux il s’y confond en l’intériorisant ! Les différences sociales les plus voyantes entre les sexes puisent en partie leur fondement dans les caractéristiques biologiques de chacun d’eux. La fécondité des femmes, leur moindre force physique…, constituent autant d’ « alibis de la nature » pour légitimer les représentations et les attitudes qui leur sont généralement assignées. Les images et les fonctions sociales dévolues aux femmes s’enracinent si profondément dans leurs propriétés innées ou supposées telles, qu’elles s’imposent au bout du compte dans les esprits comme allant de soi, avec l’évidence du naturel. La division sociale entre les hommes et les femmes est d’autant plus efficace que la définition sociale des sexes s’appuie sur l’héritage d’une éducation, voire d’une inculcation dès la naissance de leur assignation respective à des places différentes dans la société.

C’est cette socialisation, c’est à dire cette façon qu’on les individus d’intérioriser dans leurs conduites et leurs opinions les modèles d’attribution des rôles masculins et féminins, qui rend en somme le social plus vrai que nature, l’identité sociale des hommes et des femmes plus prégnante que leur identité biologique.

En apportant au regard cette situation contrastée de la femme, nous avons voulu mettre en évidence l’efficience culturelle des médias qui se font mode spécifique de communication et non d’expression, véhiculant les lieux conventionnels de la reproduction des différence de sexes.

l « Et les blondes dans tout ça ? », me direz-vous…eh bien je vous répondrai que les mythes, les fantasmes, les images, les stéréotypes… qui les accompagnent se dégagent tous de cette même source que nous venons de pointer selon laquelle la femme est corporéité avant que d’être spiritualité. Et de cela découle tout un implicite autour du mode d’existence : voir, être, ressentir, comprendre les faits sont axés autour d’une extériorité, d’une apparence symbolisant « un désir rendu visible ».

âEt le corps se fait parure lorsqu’on l’associe à des figures légendaires comme celles de Marylin Monroe, de Brigitte Bardot…comme le disait Simone de Beauvoir dans son livre intitulé Le deuxième sexe : l’art de la parure « offre au regard un objet imaginaire », la femme blonde devient un objet de culte.A sa beauté est associé non seulement le bonheur, mais également la réussite sociale, la performance. La belle femme blonde est métamorphosée en idole : autour d’elle se crée un forme d’identité visuelle. Alors la blondeur organise-t-elle l’ensemble de la silhouette féminine qui se donne à saisir comme un tout de signification voluptueuses et exaltées.

Dans ce cas de figure, la chevelure induit une dimension figurative.

â Cependant, lorsque le Sujet (la femme) s’inscrira dans une quête (la liberté moderne) et brisera la simple corporalité qui lui est assignée, la dimension figurative se transformera en sémiotique figurative : l’image de la femme blonde est en crise ou disons, pour atténuer les choses car le point de vu de chacun est à respecter, qu’elle est démythifiée. Ainsi adieu à la « représentation fermée » selon Wölfin (Réflexion sur l’histoire de l’art, Paris, Klincksieck, 1989, page 139) : « une représentation sera dite fermée lorsque, avec des moyens plus ou moins tectoniques, l’image y apparaîtra limitée en elle-même, réduite à une signification complète ».

Mais bonjour à quoi ?…à la « représentation ouverte » ! « Inversement, il y aura une forme ouverte quand l’œuvre s’extravasera pour ainsi dire en tous sens, impatiente de toute limitation, quoiqu’une unité intime subsiste en elle et assure son caractère fermé esthétiquement parlant ». ainsi selon Wölfin, le mythe échappe à l’image.

Alors, dans ce nouveau cadrage, la vogue des blagues sur les blondes nous semble un angle d’observation et d’analyse relativement pertinent.

Ü Tout d’abord parce qu’il prend le contre-pied du mythe initial valorisant de sensualité pour le ballotter dans les remous de la facilité, de la passivité sexuelle. Prenons quelques unes de ces blagues :

¨Que dit la jambe gauche d’une blonde à la jambe droite ?

Rien ! Elles ne se rencontrent jamais.

¨Quand sait-on qu’une blonde a atteint l’orgasme ?

Parce qu’elle a laissé tomber sa lime à ongles.

Parce qu’elle dit « au suivant ».

Parce que la personne qui vous suit vous tape sur l’épaule.

Parce que la voiture n’a plus de batterie.

As-t-on besoin de le savoir ?

¨Quelle est la différence entre une prostituée, une nymphomane et une blonde ?

Au bout d’une heure, la prostituée dit : « T’as pas encore fini ! ».

la nympho dit : « T’as déjà fini ! ».

la blonde dit : « Beige…je crois qu’on va repeindre le plafond en beige ».

Ainsi l’érotisme, doit-on croire inhérent aux blondes (http://www.blonde.com ; c’est à dire «  « Blonde », le site de tous les plaisirs, le site de Brigitte Lahaie » à titre d’exemple), s’écroule-t-il devant une image ricanante présentant la femme blonde comme un objet sexuel dénué d’intérêt, de plaisir, d’imagination, et ne suscitant ni fantasmes, ni sentiments. La femme blonde est ici déconsidérée, niée dans sa sensualité.

Au vue de notre étude précédente nous pourrions entendre : la corporéité est niée ?…et alors ! les femmes n’en avaient-elles pas assez de n’être que des silhouettes aptes à promouvoir tel ou tel produit dans telle ou telle publicité ? Certes, mais là, plus que niée, elle est bafouée… et dans le cadre de préjugés physiques qui plus est.

Ü Mais l’humour aime à pousser les choses et l’attaque est plus féroce encore : après la corporéité restait la ciblede la spiritualité. Et le stéréotype ancien de la belle idiote retrouve de la vigueur. Citons à titre d’exemple :

¨Que faire quand une blonde vous lance une grenade ?

La dégoupiller et la lui relancer.

¨Qu’est-ce que le squelette d’une blonde dans une armoire ?

La gagnante de cache-cache de l’année dernière.

¨Que dit une blonde à une serveuse après avoir lu le badge sur lequel est écrit son nom ?

« Debby »…c’est mignon…et comment s’appelle l’autre ?

C’est sans équivoque.

Ü Ainsi la blondeur recoupe des signes d’identification qui sont autant d’unités de la manifestation syntagmatique de cette silhouette qu’on pourrait assimiler à un « syntagme figé » comme disent les linguistes.

Dans ces cadres, les blagues véhiculent une idéologie fondée sur la conception conservatrice du rôle de la femme (femme maîtresse, érotisée)…alors « l’image de la femme est pour le regard de l’homme » dit Pierre Laine dans La femme et ses implicites (édition Stock, collection Le monde ouvert, 1974).

Mais la femme est non seulement objet du désir mais aussi « objet de son propre désir narcissique » souligne ailleurs Laine. C’est ce que l’on nomme le « masochisme passif » car dans cette optique, la femme prend « plaisir » à accepter cette valeur présentée par les médias comme intrinsèquement féminine. L’individu serait mort au profit de l’objet, massifié, au profit de l’avoir ? La femme aurait été dévitalisée ? Penchons-nous sur une autre blague :

¨Pourquoi les blagues sur les blondes sont-elles si courtes ?

Pour que les hommes s’en souviennent.

les brunes s’en souviennent.

Parce que les blondes sont tellement superficielles qu’une blague un peu longue ne leur conviendrait pas.

Il apparaît que cette blague est tout d’abord une remise en cause de ces signes d’identifications cernés ultérieurement : elle se pose comme une attitude positive de refus. Ensuite, elle restitue les détracteurs, dénonçant une position de bouc émissaire. Finalement, elle fait montre d’un sarcasme éclatant.

Ü Certains remarqueraient ici que dans la conception stéréotypée « femme digne/indigne » (l’une excluant l’autre) que nous avons pointé, seule la seconde vision est à priori tournée en dérision…dès lors, le respect serait quelque part préservé. Avons-nous besoin de rappeler le précédent succès des blagues sur « ta mère » ? Citons :

¨Ta mère, elle est tellement grosse que quand elle porte un tee-shirt « Malcom X », les hélicoptères lui tournent autour pour se poser dessus !

L’image de la mère de famille n’y est-elle pas tournée en dérision ?

Exposer les images stéréotypées de la femme dans notre société tant médiatisée nous a semblé un détour nécessaire car cette première approche est construite en boucle : à la femme moderne se trouvent assignés deux rôles normatifs « qui prescrivent les conduites propres à chacun… et par suite ce que chacun attend d’une personne selon son statut et sa fonction » (J. Maisonneuve, Introduction à la psychosociologie, Paris, PUF ,1982) ainsi se sont autant de stéréotypes identitaires véritablement et fondamentalement visuels ; chacun de ces rôles a, à un moment ou à un autre, été le sujet de blagues ; et ces blagues ont élargi les stéréotypes premiers par le biais de choix qui procèdent, in fine, de certaines visions de la femme moderne. Moralité ? La femme blonde apparaît comme un bouc émissaire, derrière elle se cacherait la cible qu’est la femme moderne en quête de reconnaissance. Vous n’êtes pas d’accord ? pourquoi pas…

Et si nous allions faire un petit tour du côté de la base tacite qui régit les blagues : n’y aurait-il pas là matière à étoffer notre vision des choses, matière à dénicher quelques conceptions stéréotypées ?



RESUME PAR SCHEMATISATION

L’historique de la condition féminine présente la femme comme confinée dans des rôles.
 
Les médias, soumis à la loi de marché, véhiculent une image de la femme confinée dans des rôles 
Parentés et similitudes entre les blagues sur les blondes et cette notion de rôle féminin

                 QUESTION
Jusqu'où va cet implicite lié aux blagues ?

 

¨N Belaud, Le corps de la femme dans la publicité : accroche-cœur et fascination de l’image, mémoire, Nantes.

¨M Bonvoisin et M Maignien La presse féminine, collection Que sais-je ?, PUF 1996.

¨C Frisque L’objet femme, édition du Ministère de l’emplois et de la solidarité, service des droits de la femme collection La documentation française, Paris 1997.

¨JM Floch Identités visuelles, collection Formes sémiotiques, PUF 1995.

¨V Magnino L’image de la femme dans la publicité des magazines féminins, mémoire, Nantes 1978.

¨Document élaboré dans le cadre de la Commission des Communautés Européennes, Image de la femme dans les télévisions de la CEE, document en trois volumes.


Le but des remarques à suivre est de poser le cadre institutionnelnomenclaturé qui entoure l’effet « blague ». De fait celles-ci, dans leurs valeurs relationnelles et sociales répondent-elles à des codes de connivence où le rire, entre pulsion et interdit, met en scène et en cause le compromis sur lequel repose l’identité de tout un chacun. Et les enjeux des plaisanteries apparaissent aussi nombreux qu’essentiels.

Il est à noter, en aparté, que tenir des considérations sérieuses, qui plus est rationnelles, sur l’effet « blague » relève de la gageure, car cela implique que ces deux discours risquent de s’invalider mutuellement : ou bien le sérieux devient comique (par contagion), et il perd son crédit… ou bien le comique devient sérieux (par réduction), et l’étude perd son objet. Entre l’analyse froide et l’expérience convulsive du rire, il y a une marge de manœuvre qui va nous permettre d’observer les conditions de déclenchement du rire.

l Si le comique fait de la vie un théâtre où les rôles se diversifient et où les masques se superposent aux masques ; s’il révèle la faille qui existe entre une forme d’être et de paraître ; s’il détruit l’illusion de l’identité pour atteindre une dimension autre… alors il faut dévoiler le pourquoi de ces intentions au niveau idéologique.

âEn premier lieu, il nous faut stipuler que le terme de « comique » est ici générique et désigne le contenu verbal apte à provoquer le rire (sans que l’on se soucie encore des différentes espèces classiques que sont l’ironie, la satire…). Entre rire et comique, il est nécessaire d’établir un niveau intermédiaire : le risible ; ce qui permet de spécifier que le comique qui retient notre attention est ici délibéré.

âDélibéré, parce que (en second lieu) ce qui est comique ne l’est pas dans l’absolu, mais bien toujours par rapport au sérieux dont il est censé être le contraire. Alors il reste à s’entendre sur le sens à donner au « sérieux ».

Ü Il peut 

désigner la gravité, dès lors :comiquesérieux
ET
= désengagement= adhésion

Exemple :

¨Pourquoi les blondes ne peuvent-elles pas attraper la maladie de la vache folle ?

Parce que c’est une maladie qui ne touche que le cerveau.

Le contexte de référence est sérieux : les risques encourus par les consommateurs de viande bovine ayant pu ingérer de la viande nocive.

Mais la mise en scène du sérieux implique un détachement et la focalisation se fait non plus sur le plan de la santé publique mais sur une immunisation latente des blondes sans cervelle (appel au stéréotype de la belle idiote).

Ü Il peut aussi correspondre à un état moyen, neutre, prosaïque, qui serait « la toile de fond sur laquelle se détache la drôlerie et le tragique » (V Jankélévitch, L’ironie, Paris, Flammarion, 1964, page 19). Cet hypothétique degré émotif « zéro » , en équilibre entre deux pôles marqués, entraîne un repositionnementdu comique qui consiste alors en une émotion ou un parti-pris positif :

ComiqueSérieuxPathétique

= positif= neutre= négatif

Par exemple, imaginez une blonde demandant :

¨Pourquoi les blagues sur les blondes sont-elles aussi courtes ?

Pour que les hommes s’en souviennent.

Pour que les brunes s’en souviennent.

Le fait que cette réponse pointe les propagateurs , voir même les créateurs supposés, de telles blagues permet un recadrement ironique à porté positive pour le locuteur… et à porté un peu moins flatteuse pour le destinataire.

Une éventuelle réponse comme « Parce que pour que l’on s’en souvienne une blague doit être courte » n’a pas le même impact : elle induit un discours analytique qui se veut objectif et qui est par là neutre.

« Parce que les blondes ne méritent pas plus » transpose un raisonnement borné et dévalorisant à porté négative.

Ainsi un consensus apparaît qui, sous le couvert de l’implicite, donne l’occasion de dire du mal sans s’exposer à des reproches, mais en suscitant au contraire les rires de l’entourage. Et inversement, l’humour, dans sa conception la plus noble, permet à l’individu-cible de triompher d’une malveillance latente l’ayant fait pôle de sarcasmes puisqu’il les réduit à des inconvénients dérisoires. Il oscille entre le bien et le mal (voir le comique angélique et satanique de Baudelaire, « De l’essence du rire… », Curiosité esthétiques), sans jamais y verser, car le moralisme lui serait aussi fatal que la méchanceté pure et simple. Alors, un certain degré de distanciation, d’insensibilité, d’ « anesthésie momentanée du cœur » (Bergson, Le rire, Essai sur la signification du comique, Paris, PUF) est-il nécessaire au comique pour laisser libre cour à l’intelligence parfois implacable. Non seulement parce qu’il pratique un codage au deuxième (ou troisième) degré (autant dire un surcodage qui réutilise des codes à d’autres fins), et requiert donc une double traduction : l’une banale (déroutante, décevante), l’autre symbolique (explicative d’une manière ou d’une autre … l’incohérence de la première suscitant la seconde : l’une ou l’autre ne suscitant pas à elle seule l’effet comique provenant de leur rapport. Mais encore parce qu’ « il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est humain » (Bergson) : l’homme ne rit que de l’homme… ou d’un animal qui voudrait ressembler à un homme, ou d’un objet qui à forme humaine… et alors nous faut-il dévoiler « l’intention de la société quand elle rit » (Bergson).

l Tous les aspects interactionnels qui viennent d’être évoqués dépendent finalement des conditions de production et d’interprétation du discours, et en partie des intentions que manifeste le locuteur et que le récepteur lui prête. Ces circonstances de parole dépassent le cadre du texte pour englober les pratiques sociolangagières que d’aucuns considèrent comme un rituel attribuant une image et un rôle stéréotypé aux protagonistes de l’échange. Tout acte de langage dépend d’un contrat de parole, et nous voulons pointer là les particularités « d’un contrat de parole humoristique ».

âPrécisons tout d’abord que pour que l’interaction comique réussisse, il faut que les interlocuteurs coopèrent enrespectant certaines conventions tacites. Ainsi du principe général de coopération du philosophe américain Grice qui règle l’échange selon un code de bonne conduite d’où découlent des maximes conversationnelles : la quantité, la qualité, la relation, la modalité ; elles font référence. Et l’on sait qu’une présomption du respect du principe de la coopération permet aux interlocuteurs de s’entendre quand bien même une des maximes est violée ; car, en se fondant sur ce principe et en procédant à une série d’implications, le récepteur débusque le sous entendu (éventuellement comique) qui résout la tension crée par un énoncé ne respectant apparemment pas l’une des maximes. Ainsi le comique se caractérise par des ruptures, à un niveau ou à un autre de la communication, qui libèrent des contenus implicites provocant le rire.

âOui, mais le rire est encore plus nomenclaturé. Car, si le récepteur doit bien sûr maîtriser la langue pour entrer en interaction avec l’émetteur, il doit également, dans le cas des blagues sur les blondes, faire appel à un savoir « encyclopédique » et motiver ses capacité logiques. De fait, le « savoir partagé » constitue la toile de fond extralinguistique de chaque nouvel énoncé, sa bonne compréhension en dépend. Et le comique met fréquemment en cause les contenus et les principes de cette encyclopédie sous-jacente qu’il révèle par la même occasion. Voyons :

¨Qu’est-ce qu’une blonde intelligente ?

Un labrador.

Cette blague implique que l’on sache 1) que la « robe » des animaux est dite blonde, brune, auburn…

2) que le labrador est réputé pour son côté futé, et que cela en a fait le chien préféré des aveugle, des handicapés…

¨Que dit une blonde en ouvrant une boîte de cherrios ?

Oooh ! Des graines de donuts.

Cette blague-ci implique que l’on sache ce que sont 1) des cherrios.

2) des donuts (et là, si vous avez une lacune, on vous renvoie de toute urgence aux Simpson).

Ainsi les opérations que l’humour fait subir aux stéréotypes met-il en scène des compétences encyclopédiques n’étant pas aussi communes qu’une simple compétence linguistique produisant jeux de mots et autres pataquès du style :

¨Why aren’t blondes good cattle herders ?Pourquoi les blondes ne sont-elles pas de bonnes

gardiennes de troupeaux ?

‘cause they can’t keep two claves together.1) Parce qu’elles ne peuvent pas garder deux veaux

ensemble.

« claves » = veaux.

2) Parce qu’elles ne peuvent pas garder deux

mollets ensemble.

« claves » = mollets.

L’humour qui la met en jeu nécessite ou permet un ciblage plus précis du public auquel il s’adresse. La connivence s’en trouve conséquemment renforcée, tandis qu’on exclu d’autres personnes du cercle des rieurs.

Et encore faut-il définir ces rieurs, car « le mystérieux échange du plaisir humoristique » (A Breton

, Anthologie de l’humour noir) a certes pris valeur mais il correspond tout d’abord aux exigences d’une sensibilité scindée en deux pôles. Car, transgressant la cohérence du monde rationnel pour instaurer l’expression et la logique d’un autre ordre, les blagues instituent une communication ambiguë alternant entre la solidarité et l’exclusion. C’est le « rire avec » qui noue une relation toute particulière de connivence entre le locuteur et le récepteur qui se rapprochent l’un de l’autre, et le « rire de » qui par delà cette relation est un minimum corrosif et provoquant. Ainsi, entre distance et complicité, désengagement et adhésion affective, l’humour fait appel à la complicité d’autrui indispensable à sa réalisation. Le rieur pouvant tout à la fois s’esclaffer en s’émouvant, se fâchant, se réjouissant : en réfléchissant avant ou après.

Là où cela devient tragiquement stéréotypé c’est lorsqu’il ne s’agit plus de communier par le rire mais plutôt d’échanger des signes de connivence.

Si nous avons voulu démontrer dans un premier temps le mécanisme qui concourt à faire des blondes la cible d’un réseau de blagues, nous avons voulu dire ici que l’humour, le comique latent des blagues procèdent d’une vision du monde accessible à tous dans la mesure où les règles du jeu, communes à tous, sont connues et approuvées. Car cela exige l’abandon, au moins temporaire, du masque que nous offronsde nous-mêmes à la société pour répondre à ses multiples exigences. Pareille opération nous impose de ne plus croire, toujours momentanément, aux personnages que nous nous sommes crées et de nous dégager des préventions et des fanatismes.

Moralité ?¨Quelle est la définition de la femme parfaite ?

Une jolie blonde idiote, sourde, muette, nympho, qui a perdu sa mère, et dont le père possède un bar.



RESUME PAR SCHEMATISATION

QUESTION :

Jusqu’où va cet implicite lié aux blagues ?

Il est idéologiquement nomenclaturé
ET
Il est socialement crypté pour créer un
lieu de connivence.

.


 
 

L’humour se place sous le

signe de la communication.
 
 

QUESTION :

Comment les blagues sur les blondes sont-elles perçues ?

A savoir : de manière ludique ou de manière critique ?


¨C Baudelaire, Curiosités esthétiques.

¨Bergson, Le rire, Essai sur la signification du comique, Paris, PUF.

¨Zarader, Le rire selon Bergson, collection Philotexte, édition Ellipse, 1998.

¨A Breton, Anthologie de l’humour noir, collection du Livre de poche, édition du Soleil noir, 1966.

¨F Evrard, L’humour, collection Contours littéraires, édition Hachette Supérieur, Paris, 1996.

¨V Jankélévitch, L’ironie, édition Flammarion.

¨M Khon, Mot d’esprit, Inconscient et événement, collection Psychanalyse et civilisation, édition Hartmann.

¨D Royot, L’humour américain, Des puritains aux yankees, PU de Lyon, 1980.

Du strict point angle théorique, la femme blonde apparaît comme un individu à facettes multiples. Aussi nous avons voulu vérifier si la réalité corroborait notre point de vue, en établissant un questionnaire et en le soumettant à une diversité d’individus (enquête réalisée au Restaurant Universitaire, à la Bibliothèque Universitaire, en usine, dans la rue, auprès de la famille et des amis). Analysons ensemble le questionnaire et ses réponses.

lLe questionnaire :

Enquête réalisée auprès deH : HommeHb : Homme blond

F : FemmeFb : Femme blonde

+ votre âge s’il vous plaît.

OuiNonSans avis

Question 1 : Faites-vous une différence entre le physique des blondes et celui des

autres femmes ?

Q 2 : Diriez-vous que la femme blonde représente un canon de beauté féminine ?

Q 3 : Diriez-vous que la femme blonde est un phantasme sexuel ?

Q 4 :un objet sexuel ?

Q 5 :plus « facile » que les autres femmes ?

Q 6 : Diriez-vous que les femmes blondes ont autant de compétences intellectuelles

que les autres femmes ?

Pour les femmes autres que blondes,

Q 7 : Vous sentiriez-vous différente si vous étiez une blonde ?

BlondeBruneRousseSans avis

Q 8 : Si vous étiez un chef d’entreprise, vous engageriez :

Q 9 : Pour vous, une femme sans caractère est :

Q 10 : avec du caractère est :

Pour les hommes,

Q 11 : Vous préféreriez être vu au bras de :

Q 12 : Citez une femme célèbre :

De couleur de cheveux, elle est :

OuiNonSans avis

Les blagues sur les blondes vous font-elles rire ?

Voici un corpus de blagues, notez vos impressions : vous les trouvez

S = SubtileM = Marante L = LourdeR = Raciste

SMLR

1) Pourquoi les blondes se lavent-elles les cheveux dans l’évier ?

Parce que c’est là qu’on lave les légumes.

2) Pourquoi est-ce pratique d’avoir une blonde comme passager lorsque l’on

est en voiture ?

Pour pouvoir se garer sur les places pour handicapés.

SMLR

3) Pourquoi les cercueils sur les blondes sont-ils triangulaires ?

Parce que quand elles ferment les yeux, elles ouvrent les cuisses..

4) Comment fait une blonde pour allumer la lumière après avoir fait l’amour ?

Elle ouvre la portière de la voiture.

Choisissez la réponse qui vous semble la plus appropriée pour cette blague :

5) Pourquoi les blagues sur les blondes sont-elles aussi courtes ?

A)Pour que les brunes s’en souviennent.

B)Pour que les hommes s’en souviennent.

C) Parce que les blondes sont tellement superficielles qu’une

blague un peu longue ne leur conviendrait pas.

l Les réponses au questionnaire :


 
HOMMES

HHb

FEMMES

FFb
Nombre d’individus 
2006
= 26
1606
= 22

 


 

HOMMES

FEMMES

HHb
HHb
HHb
FFb
FFb
FFb
OUI
NON
SANS AVIS
OUI
NON
SANS AVIS

Q 1

( dfrce dephysique )
2+0
16+6
2+0
2+2
12+4
2+0

Q 2

( canon de beauté )
2+0
16+6
2+0
2+2
12+4
2+0
Q 3
( fantasme )
13+3
7+1
0+2
12+2
5+2
1+0
Q 4
( objet sexuel )
4+0
16+5
0+1
0+0
14+6
2+0
Q 5
( plus « facile » )
4+0
16+6
0+0
2+2
11+5
1+1
Q 6
( cptces intello égales )
20+1
0+0
1+0
15+6
1+0
0+0
Q 7, pour les F
( différente si b )
2+0
14+0
0+0




 

HOMMES

FEMMES
HHb

H Hb

H Hb

H Hb

FFb
FFb
FFb
FFb
Blonde
Brune
Rousse
Sans avis
Blonde
Brune
Rousse
Sans avis
Q 8
( chef d’entrprse )
2+1
0+1
1+0
17+4
0+2
5+0
0+0
11+0
Q 9
( sans caractère )
5+2
2+0
1+0
12+4
2+0
1+0
0+0
13+6
Q 10
( avec caractère )
2+0
9+2
3+0
6+4
0+0
10+0
0+0
6+6
Q 11, pour les H
(être vu avec )
5+6
7+0
2+0
6+0


 

HOMMES

FEMMES

Blondes

 H Hb

Brunes

H  Hb

Blondes

 F Fb

Brunes

F Fb

Q 12
( F célèbre )
7L Casta2

2C Chazal0

1S Graff0

1S Stone1

4A Karembeu1

2I Adjani1

2D Moore1

1E Canadas0

4C Deneuve0

3M Monroe2

4B Bardot2

2S Stone0

2A Karembeu2

1D Moore0


 
HOMMES
FEMMES

OUI

HHb

NON

HHb

SANS AVIS

HHb

OUI

FFb

NON

FFb

SANS AVIS

FFb
Les blagues sur les blondes vous font-elles rire ?
18+4
1+2
1+0
13+4
1+2
2+0


 
Hommes

FEMMES

S

HHb

M

HHb

R

HHb

L

HHb

S

FFb

M

FFb

R

FFb

L

FFb
Blague1
2+2
9+0
9+4
0+0
2+0
4+0
10+6
0+0
Blague 2
0+0
4+0
16+6
0+0
2+0
6+4
5+2
3+0
Blague 3
3+0
11+6
4+0
2+0
0+0
8+2
5+4
30
Blague 4
3+0
14+6
3+0
0+0
0+0
10+6
6+0
0+0




 
HOMMEs

FEMMES

A

HHb

B

HHb

C

HHb

A

FFb

B

FFb

C

FFb
Blague 5
2+2
16+4
2+0
1+3
11+1
4+2

l Analyse


âIl est tout d’abord important de poser le profil des 48 individus ayant accepté de se soumettre à nos questions :


Ainsi, même si un nombre égal d’Hb et de Fb ont été interrogés, il apparaît que le questionnaire a été soumis a un nombre d’H légèrement supérieur (26 contre 22).

A tout hasard, nous nous sommes permis de demander à ces gens à qu’elle tranche d’âge ils appartenaient (au cas où cela soit ultérieurement révélateur de quoi que se soit) .

âLe formulaire se poursuivait par un QCM visant à confirmer, à réfuter ou à étoffer les présupposés précédemment pointés sur la femme blonde.

Les questions 1) « Faites-vous une différence entre le physique des blondes et celui des autres femmes ? »

2) « Diriez-vous que la femme blonde représente un canon de beauté féminine ? »,

visaient à pointer la sensualité que les images médiatiques confèrent à la blonde.

Les 2 représentations sont refusées en bloc (38 personnes répondant « non » à chaque fois) .

Peut-être la question est-elle posée trop directement…

Il est cependant intéressant de remarquer que les Q 1 et 2 ont suscité 6 réponses favorables : 2 H, 2 F, 2 Fb (notons que ce ne sont pas les mêmes individus qui ont répondus « oui » à chacune des questions) catégorisent les blondes. Reflet de pensé collective selon lequel certains perpétuent un sens de la différence? Car ces « oui » discrets montrent que quelques uns adhèrent à un système de valeur proposant une image positive du physique de ces femmes. Influence des médias ? Peut-être…

Mais lorsque l’on demande aux F (Q 7) « Vous sentiriez-vous différente si vous étiez une blonde ? », elles sont 14/16 à dire « non » bien fort, refusant d’allier la beauté à la blondeur (« les brunes comptent pas pour des prunes… » ?), jugeant que cela ne changerait en rien leur intériorité (et préférant aussi être aimées pour cela) .

Détail : les 2 F ayant répondu « oui » ne sont pas celles ayant dit de même à la Q 1 ou à la 2.

La Q 11, visant les H (« Vous préféreriez être vu au bras de… ? »), montre quant à elle que, subjectivement, les hommes font « une légère différence » entre les physiques. De fait, ils préfèrent être vus accompagnés - en grande majorité - d’une blonde :


Cette question avait pour but de montrer le côté « parure » de la femme blonde qui, dans cette conception, pourrait (selon une pensé collectivement partagée) mettre en valeur l’homme qu’elle accompagne.

âLes Q 3, 4 et 5 voulaient cibler l’imaginaire qui entoure notre sujet d’étude du point de vue des pratiques et des idéaux sexuels ; cherchant éventuellement à justifier les blagues 3 et 4.

Ainsi, il est intéressant de voir que l’ensemble des hommes et des femmes interrogés sont d’accord pour dire qu’à priori la femme blonde fait rêver (30 « oui »). Et ils refusaient de dire qu’elle correspond à un canon de beauté féminine ! C’est alors que le fantasme ne serait pas attaché à la personne mais aux pratiques qu’elle implique ?

Le problème, c’est qu’on effleure là un tabou…


Aussi, les réponses sont massivement négatives.

Cependant, lorsque le questionnaire a été soumis en usine, auprès de 22 personnes, il est resté sur une table et les personnes y répondaient sans être sous le regard d’autrui…

Et c’est là qu’à la · Q 4 on obtient 3 des 4 « oui ». Réponse positive émise par des H,

Le 4ième « oui » fut proclamé par un H (celui entre 40 et 50 ans, à titre indicatif), dans la rue.

· Q 5 on obtient 6 des 8 « oui ». Réponses positives émises par 5 H et 2 F.

7ième « oui » proclamé par « l’homme de la rue ».

Le dernier ayant été coché par une jeune Fb à la BU.

Un petit texte pour justifier notre Q 5 ? Allez…

« Si c’est une blonde, tu sait que tu aura au moins droit à un branlette. » J Diaz, Comment sortir une 

latina, une black, une blonde ou une métisse (nouvelle collection Feux Croisés, édition Plon 1996).

Ainsi, les représentations positives apportées en usine sont révélatrices soit d’un imaginaire collectif, soit d’une réalité : se sont majoritairement des H qui répondent, et le « oui » de la jeune fille blonde peut avoir été émis aussi bien en fonction du vécu qu’en fonction du ressenti.

Il nous semble alors que le questionnaire aurait sûrement suscité des réponses différentes si « une instance tutélaire » n’avait pas été là pour en contrôler le « politiquement correct »…

Aussi analyserons-nous séparément les réactions provoquées par les blagues.

âLes réponses aux Q 9 et 10 « Pour vous, une femme· avec du caractère est…

· sans caractère est… ».

se noient dans le « sans avis ». Même si le stéréotype de la femme brune dotée d’un fort caractère ressort nettement (21 personnes y adhèrent) .

Le but de ces questions était de faire un éventuel lien entre « facilité » et nature déliquescente… raté !

Consolons- nous avec un « joli » texte puisqu’ après tout 9 personnes adhèrent au stéréotype selon lequel les femmes blondes sont dépourvues de caractère : « Elle avait le caractère aussi blond que les cheveux, s’il est vrai que le blond est une couleur pâle et délavée. Elle parlait peu, souriait toujours de toutes ses petites dents blanches, répondait oui à tout, elle était très simple , presqu’ indifférente et toujours prête à transiger. […]. Elle aimait certainement Macario, mais de l’amour que lui permettait sa nature faible, déliquescente, nulle. » JM Eça de Queiros, Singularité d’une jeune fille blonde (collection Unesco « Œuvres représentatives », édition l’Age de l’homme, 1983).

Ces questions alliées aux Q 6 et 8 devaient nous permettre de lire les réactions aux blagues 1 et 2. Mais nous les étudierons, après réflexion, dans un autre temps.

âDonc, la Q 6 « Diriez-vous que les femmes blondes ont autant de compétences intellectuelle que les autres

femmes ? »,

rejoint la Q 8 « Si vous étiez un chef d’entreprise, vous engageriez… ».

L’une directe trouve réponse éthique.

L’autre indirecte, se réalise dans une majorité de réponses « sans avis » (37), reflet des pratiques sociales. Les réponses en faveur des brunes (6) ou des blondes (5) s’expliquant parfois selon un lecture tendancieuse. Par exemple, pour les blondes : 2 femmes ont répondu ainsi et… se sont des blondes !

3 H ont répondu en leur faveur ; 1 note une différence de physique à la Q 1,

1 voit la femme blonde comme un canon de beauté féminine à la Q 2,

le 3ième quidam préfèrerait être vu au bras d’une blonde à la q 11…

Lecture qui lie l’imaginaire aux blondes.

â La Q 12 se présentait comme une transition entre les deux temps de notre formulaire.

Il faut avouer aussi que l’on s’est livré à un petit jeu sur le modèle de la blague

A, « dit : « blanc, blanc, blanc,… » »

B, « blanc, blanc, blanc,… »

A, « Qu’est-ce qu’elle boit la vache ? »

B, « Du lait ! ».

De fait, les gens ont en majorité cité des blondes


Le problème, c’est que L Casta citée comme blonde est perçue comme ayant les cheveux châtains et qu’E Canadas est considérée comme blonde par le magasine Photo de Décembre 1998.

Mais l’important, par delà la disparité des réponses, c’est d’observer ce à quoi elles font référence :

45% des Fb citées font référence au mannequinât,

37,5%à des femmes mythiques,

10%à une actrice, donc au monde du cinéma,

7,5%au femmes médiatisées de l’information et du sport.

Ainsi, en premier lieu, c’est à un physique qu’il est fait référence.

Puis, c’est à des carrières éclatantes menées par «  beautés » : leur physique et/ou leurs compétences sont liées à des représentations.

â Le deuxième temps de notre questionnaire était axé sur les blagues sur les blondes.

39 des personnes interrogées les trouvent à priori amusantes : elles sont en rupture avec un idéal, elles offrent une parenthèse dans la réalité…

Au niveau comportemental, il est amusant de noter que les gens ont vécu le moment « blagues » comme une récompense ou un dédommagement ; leur disponibilité momentanée leur permettant d’étoffer leur corpus personnel.

Si au niveau du débat idéologique, l’humour ne semble pas rechercher l’affrontement ou l’arbitrage entre des opinions différentes, il ne plaide pas pour autant pour un statu quo. Inoffensif en surface, le jeu auquel il se livre n’est pas innocent et gratuit puisqu’il vient «  briser le cercle des automatismes,[…, que la vie en société et la vie tout court cristallisent autour de nous comme une protection et comme un linceul » (R Escarpit, L’humour). Aussi nous avons donc proposé aux personnes qui se livraient à notre questionnaire 4 types d’analyses sous-tendant des stratégies diverses dans un ordre régressif.

S = Subtile propose une lecture où le finesse du fond, l’habileté du lien Question/Réponse prévaut sur la forme,

M = Marrantesuggère une attitude de moquerie au dépend du groupe social que représentent les blondes, groupe qui imposait le respect (selon la notion de mythe) et dont la dégradation délivre momentanément de l’estime qu’impose le code social de bonne conduite,

L = Lourdesous entend que le mécanisme comique ne fonctionne pas, même si l’intention est bien de provoquer le rire,

R = Racisteinsinue que la blague se fait trop véhémente, installe un parti pris dont l’engagement est

offensant pour le groupe cible.

Car le rire, indigne, supérieur, régénérateur ou autre suscite toujours un jugement de valeur sur la personnalité de la victime, sur celle du rieur, comme sur la fonction du rire.

Pour les blagues 1et 2, le sous-entendu attaque les compétences intellectuelles des blondes,


3 et 4, le propos se fait grivois.


Il est intéressant de noter que les pics alternent entre M ou L car cela signifie que les personnes interrogées se sont généralement détachées du fond pour ne s’attacher qu’au contexte de la blague.

Les blagues 1 et 2 ont été les moins bien perçues. On peut trouver diverses explications à cela :

La blague 1 fait appel à une réalité d’intérieur qui en fait à la fois sa subtilité (6 personnes le ressentent comme cela) et sa lourdeur.

Les 2 blagues nécessitent l’arrêt du jugement affectif sur des sujets dont il n’est pas « politiquement correct »

de se moquer (on aborde des tabou de trop près).

font appel trop ouvertement à la dévaluation de la cible.

Les blagues 3 et 4 remportent, elles, un franc succès parce que :

Le sujet en est grivois.

La victime est perçue comme un prétexte à grivoiserie et non comme une cible.

Le rire n’est pas ridiculisant, mais amusé par le contexte inventif.

âLa blague 5 ouvrait sur 3 réponses différentes, la personne interrogée choisissant l’une d’elle comme amusante, pertinente…

Et c’est la réponse B « Pour que les hommes s’en souviennent » qui est mise en exergue : pied de nez ironique des F, autocritique souriante des hommes.

La réponse A « Pour que les brunes s’en souviennent » sonne la vengeance des Fb dans les réponses des femmes.

La réponse C « Parce que les blondes sont tellement superficielles qu’une blague un peu longue ne leur conviendrait pas » propose deux lectures : l’une sarcastique et déplaisante, l’autre ironique et subtile. 8 personnes adhèrent à l’une ou à l’autre des lectures, les 2 Fb sûrement avec ironie (du moins on l’espère), quant aux autres… ils ont leur conscience !

Il apparaît finalement qu’établir un questionnaire pertinent n’est pas chose facile. Cette démarche nous a permis de mesurer le poids du « politiquement correct » lorsque les questions sont posées trop directement (les Q3, 4 et 5 trouvent des réponses moins tranchées lorsque le regard et l’oreille du questionneur ne sont pas là). La deuxième partie du formulaire semble établir que les blagues sur les blondes circulent dans la bonne humeur : un comique agressif à but négatif provocant dérision et sarcasme est rejeté (réaction aux blagues 1 et 2) au profit d’un comique mordant à but positif développant satire et ironie (blagues 3 et 4).

A présent se profile une ultime question à savoir : comment réinvestir cela en clase de FLE ?



Le fait que nous nous soyons penché sur l’image de la femme blonde dans la société française doit être dépassé pour être réutilisable d’un point de vue personnel, et aussi étant donné le cadre institutionnel de notre recherche.

De fait, voici la programmation didactique que nous vous proposons :

¨Public-cible : Apprenants de niveau débutant à moyen ( des moyens-moins en quelque sorte),

Présentant une diversité d’origines culturelles,

Etant suffisamment âgés pour entendre des blagues sur les blondes (20 ans et plus nous

semble raisonnable).

¨Temps 1 : Les élèves de la classe se répartissent en 4 ou 5 sous-groupes suivant l’effectif.

L’enseignant distribue une feuille par groupe (document annexe 1).

L’apprenant prend connaissance des consignes que l’enseignant à préalablement notées au tableau

« Notez à l’aide de noms ou d’adjectifs 4 traits définissant au mieux, selon vous, chacune des

personnes photographiées.

Indiquez ensuite pour l’ensemble de ces femmes 2 traits positifs (valorisant),

négatifs (dévalorisant),

toujours à l’aide de noms ou d’adjectifs.

Vous avez X minutes. »

¨Temps 2 : Au tableau, mise en commun structurée (distinguant noms et adjectifs) faite par l’enseignant (pour plus

de rapidité) des réponses apportées par chacun des sous-groupes.

Jusque là, la tâche a favorisé l’échange en petite structure,

la sociabilisation.

A présent, elle permet un échange global où la diversité des réponses entraînera sûrement une augmentation du

vocabulaire pour certains apprenants,

la dualité des réponses apportables permettra une extension du

vocabulaire noms adjectifs,

d’où ressortiront des traits définitionnels exploitables.

De fait, l’enseignant mise sur l’interaction des cultures en présence autour des représentations que

Chacun à de la femme blonde. Cette ouverture sur un échange ne devant pas prendre la tournure d’un

débat : il ne s’agit pas ici de polémiquer.

¨Temps 3 : L’enseignant propose son témoignage et pose le terme de stéréotype qu’il explique oralement.

Il diffuse une feuille (document annexe 2), sur laquelle l’apprenant trouve :

Ü « Qu’est-ce qu’un stéréotype » (explication volontairement stéréotypée),

Ü dans le cas particulier des blondes, quelle est l’ampleur des stéréotypes,

Ü « Schéma d’organisation du stéréotype français sur les blondes » : ouverture sur un point de

culture,

Ü des blagues sur les blondes viennent étoffer le point de vue.

¨Temps 4 : L’enseignant exploite le schéma d’organisation des blagues pour proposer un « point grammaire » basé sur le système réglementé des Questions/Réponses de la modalité interrogative(document annexe 3).



DOCUMENT ANNEXE 1


 


 

TRAITS POSITIFS

(valorisant)

TRAITS NEGATIFS

(dévalorisant)



DOCUMENT ANNEXE 2

Ü QU’EST-CE QU’UN STEREOTYPE ?

Le stéréotype désigne l’ensemble des croyances « concernant des classes d’individus, des groupes ou des objets qui sont préconçus c’est à dire qui relèvent d’habitudes de jugements et d’attentes routinières ».

Ainsi, un stéréotype ne se donne pas « comme une hypothèse confirmée par des preuves » ; il est plutôt considéré « comme un fait établi entièrement ou partiellement à tort ».

Ü DANS LE CAS PARTICULIER DES BLONDES, QUELLE EST L’AMPLEUR DES STEREOTYPES ?

Chaque culture pratique l’humour.

A un moment donné, des blagues sur les blondes ont circulé : une lecture était proposée de ce groupe de femme, vision déterminée par le physique c’est à dire par la couleur de leurs cheveux.

Ce groupe est devenu une cible.

2 types de blagues ont circulé :

Le type 1, axé sur la spiritualité, présente la femme blonde comme particulièrement idiote :

Qu’est-ce qu’une blonde avec 2 neurones ?

Une surdouée.

Une blonde enceinte.

Comment occuper une blonde pendant des heures ?

En écrivant « tourner SVP » (SVP = S’il Vous Plaît) des 2 côtés d’une feuille.

Le type 2, axé sur le corps et plus particulièrement sur les pratiques sexuelles, présente la femme blonde sous un angle relativement « cru » :

Que dit une blonde après avoir fait l’amour ?

Alors comme ça vous faites tous partie de la même équipe de foot…

Une blonde annonce à sa mère qu’elle est enceinte,

la mère de s’écrier : « Mais où avais-tu donc la tête ma chérie ? »

la blonde de répondre : « Heu… , sur le volant. »

Ü PROPOSITON D’UN « SCHEMAT D’ORGANISATION DU STEREOTYPE FRANÇAIS

SUR LES BLONDES » :


 

Les médias proposent 2 images de la femme blonde :

La mère de famille
La femme sensuelle
Définie par
Des tâches familiales
corps
Corps et spiritualité
spiritualité
Vue comme
Accessible

Humainementspirituellement

Inaccessible
Impossible
Stéréotype en vue
La mère de famille
La femme-objet
La femme facile
La femme mythe
La belle idiote

Quelle est la différence entre une blonde et un garçon ?

La blonde a un nombre de spermatozoïdes plus important.

Pourquoi les blondes tondent-elles le gazon uniquement avec des tondeuses électriques ?

Pour retrouver leur chemin.

DOCUMENT ANNEXE 3

UNE INTERROGATION SE CARACTERISE PAR :

1)son style : direct ou indirect,

2)sa portée : partielle ou totale,

3)ses marques morphologiques,

4)la valeur de ces marques.

1.LE STYLE

Direct :Quel est votre nom ?

Indirect :Je lui demande son nom.

2.LA PORTEE

Partielle : une réponse « étoffée » est attendue car l’interrogation porte sur l’un des termes de la phrase

Quel est votre nom ?Ü Jean.

Ü Mon nom est Jean.

Ü Je m’appelle Jean.

Totale : une réponse par « oui » ou par « non » est suffisante

Irez-vous à Paris ?Ü OuiÜ Non

Ü Oui, j’irais à la capitale.Ü Non, je n’irais pas à Paris.

3.SES MARQUES MORPHOLOGIQUES :

¨LE TON

Où veux-tu aller ?

¨LA POSITION DU SUJET

Ü Pour l’interrogation indirecte, c’est l’ordre canonique de la phrase.

Ü Pour l’interrogation directe, le sujet est postposé : Où veux-tu aller ?

EXCEPTIONS : quand l’interrogation débute par :

un pronom interrogatif

ÜQui est venu ?

l’adjectif interrogatif quel + nom

Ü Quel homme a dit cela ?

l’adjectif interrogatif combien est déterminé par 1 nom

Ü Combien de personnes y sont allées ?

ON PEUT EVITER LA POSTPOSITON EN RECOURANT :

Au ton (en interrogation totale et partielle) : Ü Y es-tu allé = Tu y es allé.

A l’emploi de « est-ce que… » (en interrogation totale) :

Ü N’aurais-tu pas confiance en moi ? Ü Est-ce que tu n’aurais pas confiance en moi.

¨LES OUTILS

Ü Les pronom interrogatifs

FORMES SIMPLES, utilisables pour l’interrogation directe et indirecte


 
PERSONNES
OBJETS
SUJET
Qui
COD
Qui
Que
COI
à, de qui
à, de quoi

CC

Préposition + qui
Préposition + quoi

Quelques exemples : ÜQui a donc cassé ce vase ?Paul

Sujetpersonne

ÜDe quoi avez-vous parlé ?De son travail.

COIChose

Le pronom relatif QUI s’emploie pour poser une question à propos d’un être humain (parfois d’un animal) quelle que soit la fonction qu’il occupe ; il se combine avec toutes les prépositions ( à, de, pour, etc).

QUE et QUOI s’emploient lorsque la question porte sur des objets (parfois sur un animal). QUE s’emploie sans préposition ; QUOI s’emploie toujours lorsqu’il y a une préposition. QUE ne peut pas s’employer en fonction sujet.

FORMES COMPLEXES, utilisables pour l’interrogation directe


 
PERSONNES
OBJETS
SUJET
Qui est-ce qui
Qu’est-ce qui
COD
Qui est-ce que
Qu’est-ce que
COI
à, de qui est-ce que
à, de quoi est-ce que

CC

Préposition + qui est-ce que
Préposition + quoi est-ce que

Quelques exemples : ÜQui est-ce qui est passé ?Le plombier.

SujetPersonne

ÜA qui est-ce que tu penses ?A mon père.

COIPersonne

Ü Les adjectifs interrogatifs


 
MASCULIN
FEMININ
SINGULIER
Quel ?
Quelle ?
PLURIEL
Quels ?
Quelles ?

Quelques exemples : ÜQuel village ressemble le plus à celui là ?

Adjectif interrogatif accompagnant un nom en position sujet.

ÜQuelles fleurs lui a-t-elle offert ?

Adjectif interrogatif accompagnant un nom en position COD.

Ü Les adverbes interrogatifs

Ce sont principalement POURQUOI et COMMENT,

ils sont renforçables par EST-CE QUE

Quelques exemples : Ü Pourquoi les oiseaux volent-ils ?

Ü Pourquoi est-ce que les oiseaux volent ?

Ü Toute forme affirmative peut être modulée sous la forme interrogative

Quelques exemples : Ü Cette maison est grande ÜCette maison est-elle grande ?

Pronom démonstratif

Ü Il est allé en ville hier Ü est-il allé ?

pronom interrogatif spécifiant le lieu

4.SES VALEURS MORPHOLOGIQUES

QUESTIONS INSISTANTES

Elles se marquent par des moyens lexicaux : la question est soutenue au moyen de termes tels que « dites ?, n’est-ce pas ?, j’espère, non »

Quelques exemples : Ü Il est venu aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Ü j’avais 12 ans, non, quand je t’ai connu ?

QUESTIONS DIRIGEES

L’attente d’une réponse se marque en assortissant la question posée d’une fausse négation.

Interrogation indirecte

Quelques exemples :

COMPARER ÜJe me demande si pierre viendra nous rejoindre.

(= J’ignore s’il viendra ou non)

Ü Je me demande si pierre ne viendra pas nous rejoindre.

(= j’envisage sa venue comme probable)

Interrogation directe

Quelques exemples :

COMPARER ÜViendrez-vous ?

(= On ne préjuge pas la réponse)

ÜNe viendrez-vous pas ?

(= On espère une réponse positive)



Les femmes blondes sont devenues des cibles : cible des média qui modulent leur image à volonté, au gré des messages publicitaires, des scénarios de la fiction que l’on vous proposera dans quelques temps…

cible de nos rires amusés, de nos rires moqueurs, de nos rires sarcastiques… par le biais de tout un réseau de blagues qui marchent tellement bien que l’on peut en consulter le catalogue « fréquemment augmenté » (peut-on lire, comme un slogan publicitaire) sur divers sites web (pour n’en citer qu’un : http://www.rigoler.fr )…

et il y a un point qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’elles sont également la cible de nos plus grands désirs… elles font fantasmer des hommes, rêver quelques femmes, et celles que nous avons érigées au rang de mythe nous rassemblent tous sous un regard émerveillé de petits enfants…

Alors ? Hé bien longue vie aux blondes, et qu’elles continuent à nous faire réfléchir , à nous faire rêver.



Annexe: Article de Gilbert Charles in L'Express du 24/2/2000
HUMOUR

La véritable histoire des blagues blondes

Genèse d'un phénomène né aux Etats-Unis et importé en France via Internet

C'est la nouvelle forme de plaisanterie des beaufs branchés: elle tape au-dessous de la ceinture en visant la chevelure et se décline au premier degré autour des machines à café, au bureau, dans les dîners arrosés à la bière ou au comptoir des bistrots. Les blagues blondes sont à l'humour ce que la poupée Barbie est à la féminité. A la différence des boutades belges, racistes ou salaces, elles se concentrent sur l'image de la femme-objet à la chevelure peroxydée dont le cerveau se limite à contrôler les mouvements de sa lime à ongles.

Quelques exemples édifiants de ce nouveau racisme machiste :Comment faire rire une blonde le lundi matin ? En lui racontant une histoire drôle le vendredi soir. Comment faire apparaître une lueur dans les yeux d'une blonde ? En braquant une lampe de poche dans ses oreilles. Pourquoi les blondes prennent? elles la pilule ?

Pour savoir quel jour on est. Que dit une blonde quand on lui annonce qu'elle est enceinte ? Tu es sûr qu'il est de moi ?... Comment une blonde allume- t- elle la lumière après l'amour ? En ouvrant la portière...

Le phénomène est apparu en France sur Internet, où des centaines de sites sont consacrés dans toutes les langues à ces affligeantes saillies capillaires dont un recueil a même été publié récemment en France Que fait une blonde ? chez Michel Lafon. Mais pourquoi les blondes ? D'où vient cette acrimonie primitive pour les flavescentes écervelées ? Le mouvement est né aux Etats- Unis avant de se répandre sur le Net. De doctes spécialistes américains attribuent le phénomène à un effet de vases communicants: sous la pression du politically correct, les blagues racistes ou franchement sexistes ne sont plus admises outre - Atlantique, même parmi les rednecks (les beaufs) les plus endurcis, qui, pour épancher leur trop  plein de testostérone, auraient pris pour tête de Turc les blondes, symboles de la féminité vulgaire incarnée par la plastique siliconée de Pamela Anderson. Mais cette interprétation est un peu courte: elle n'explique pas l'absence de réaction des féministes, la complicité des brunes et l'indifférence des blondes elles mêmes, qui ne sont pas les dernières à propager les subtiles boutades. En fait, la genèse de ce phénomène de société remonte au milieu des années 70, lorsqu'une firme de cosmétiques, Clairol, a lancé une grande campagne publicitaire pour vendre se produits colorant sur le thème " Blondes have more fun ", les blondes s'amusent davantage Matraqué pendant des mois sur les affiches, à la radio e à la télévision, ce slogan arrogant a fini par déclencher les sarcasmes. Les blagues blondes sont finalement «  politiquement correctes » car elles s'attaquent aux canons de la féminité grossière imposés par la publicité, au stéréotype décervelé de la société de consommation ... .

Gilbert Charles in l’Express du 24/2/2000 n°2538