SOMMAIRE 

 

 

 

INTRODUCTION

I – LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE STÉRÉOTYPÉE DE L’ENFANT GRÂCE À SON ENTOURAGE ET À SES LECTURES

1° La pensée stéréotypée de l’enfant

2° L’image stéréotypée de l’étranger

a)les races humaines

b)l’enfant et sa perception de l’étranger

3° Le rôle de la littérature dans le développement de la pensée stéréotypée de l’enfant 

II -L’image du Noir dans la LITTÉRATURE pour la jeunesse

1° La découverte du «monde noir» et de la «race noire»

2° Les stéréotypes associés au Noir

a)le stéréotype de type linguistique

b)les stéréotypes du physique, de l’habillement et du caractère

c)le stéréotype de type sexuel

d)le stéréotype socioprofessionnel

3° L’image réelle du Noir : son Humanité

III - Les STÉRÉOTYPES de nature raciste 

1° Une définition du racisme

2° Le racisme à l’égard des gens de couleur

3° La lutte contre le racisme : des livres «antiracistes»

CONCLUSION


INTRODUCTION

Le XXème est le «Siècle de l’enfant» et l’étude de la littérature pour la jeunesse est également une conquête du XXème siècle.

Le but de toute littérature est de favoriser l’essor de l’intelligence, de la sensibilité et du savoir. C’est aussi le lieu d’expression, d’idéologies explicites ou non, qui reflètent une époque. La littérature à l’usage des enfants n’échappe pas à cette règle. Bien plus, elle grossit certains traits, en simplifient d’autres et accentue les contrastes. En outre, la littérature pour la jeunesse est créée pour apprendre l’existence des réalités sensibles aux enfants. En fait, elle veut essayer de les toucher eux-mêmes en abordant des thèmes de la vie actuelle et de leur faire découvrir les mondes étrangers. Cette orientation est reflétée dans leur littérature par le comportement des personnages, les intrigues romanesques et par les réflexions du narrateur. 

Ainsi, dés la fin du XIXème siècle mais surtout après 1950, de nombreux livres français ou étrangers ont permis aux jeunes lecteurs de France de mieux connaître le «monde des Noirs», leur passé, leur présent, leurs souffrances et les préparant donc à un véritable dialogue des cultures et à une représentation de l’Autre : l’étranger, le Noir. Toutefois, les images et les représentations de l’étranger produites par les individus et par les groupes sur eux-mêmes et sur les autres traduisent bien souvent une vision stéréotypée de la réalité. En effet, nous constatons que dés lors qu’il s’agit de personnes étrangères à notre culture, l’image est très simplifiée. Et, les stéréotypes sont souvent porteurs de nombreux préjugés culturels, sociaux qui peuvent être particulièrement violents, offensants et blessants pour ceux qui en sont victimes.

De fait, nous notons, tout d’abord, que grâce à son entourage et ses lectures, l’enfant va développer sa pensée stéréotypée. Ensuite, la lecture de certains ouvrages pour enfants, nous a permis de relever les stéréotypes qui sont accolés au Noir. Et enfin, nous démontrerons que les stéréotypes de nature raciste envers le Noir sont les plus fréquents et les plus violents.

I- Le développement de la pensée stéréotypée chez l’enfant grâce à son entourage et à ses lectures

1° La pensée stéréotypée de l’enfant

Lié étroitement, d’un point de vue sémantique au cliché et au stéréotype, le lieu commun a tout de même sa spécificité ; c’est une «pensée stéréotypée». Les recherches de nombreux auteurs et en particuliers de M.C. Munoz ont abouti au constat suivant : les stéréotypes apparaissent dés l’enfance et leur acquisition se fait progressivement, en fonction du développement affectif et intellectuel de l’enfant et des facteurs sociaux. De plus, ces travaux et leurs résultats permettent de dire que les notions de pays propres et de pays étrangers s’élaborent au cours du développement de l’enfant. Cette élaboration donne généralement naissance à une pensée stéréotypée sur le groupe propre et sur les autres peuples. En fait, au fur et à mesure que les enfants grandissent, ils apprennent les stéréotypes spécifiques qui sont appliqués dans son environnement par les aînés et les adultes aux membres des groupes ethniques déterminés ainsi que les attitudes et les comportements qu’il convient d ‘adopter envers eux. Mais, ils peuvent également les liredans la littérature qui leur est réservée et donc les acquérir. Cependant, les caractéristiques, les représentations, les images attribuées aux autres évoluent avec l’âge : entre 6 et 8 ans, l’enfant porte un intérêt aux traits les plus physiques et objectifs (géographique, habillement, traits physiques…) puis entre 10 et 13 ans, il passe aux traits plus subtils et plus subjectifs (personnalité, coutumes, idéologies…). D’ailleurs, c’est au cours de cette deuxième étape (vers 10 ans) que l’enfant commence à stéréotyper les peuples étrangers.[1]

2° L’image stéréotypée de l’étranger

a)les races humaines

Bien souvent, l’image que nous avons de l’Autre est une image réduite dés lors qu’il s’agit d’un étranger. Selon une perspective archaïque, les hommes sont catégorisés en race et chacun a sa caractéristique propre. Par exemple, les Noirs sont ressentis comme plus virils, les Jaunes comme plus libres et les Juifs comme plus habiles… D’ailleurs, dans son texte Le Tour de France par deux enfants, G.Bruno consacre un paragraphe aux races humaines : les races, blanche, jaune, rouge et noire. Il décrit chacune d’elles comme suit : «Les quatre races d’hommes. La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite surtout l’Europe, l’ouest de l’Asie, le nord de l’Afrique et l’Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à une barbe peu fendue, à des lèvres peu épaisses. D’ailleurs, son teint peut varier. La race jaune occupe principalement l’Asie orientale, la Chine et le Japon : visage plat, pommettes saillantes, nez aplati, paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe. La race rouge, qui habitait autrefois toute l’Amérique a une peau rougeâtre, les yeux enfoncés, le nez long et arqué, le front très fuyant. La race noire, qui occupe surtout l’Afrique et le sud de l’Océanie, a la peau très noire les cheveux crépus, le nez écrasé, les lèvres épaisses, les bras très longs». Il est facile de voir dans cette description que le Blanc apparaît comme la norme ; celui dont on ne peut rien dire et par rapport auquel les autres se présentent comme une somme d’écarts. Le Noir (comme le Jaune ou le Peau Rouge) n’est que déviance. C’est vers l’animalité que tend sa morphologie «nez écrasé, lèvres épaisses, cheveux crépus ». Le Noir est «très noir » et ses «bras très longs ». 

Par rapport, à cette catégorisation des hommes en race, D.Schnapper emploiera le terme de «racialisme» dans son livre La Relation à l’autre. Elle le définit comme une idéologie se fondant sur le jugement d’un individu exclusivement en fonction des stéréotypes attachés à ses origines.

b)l’enfant et sa perception de l’étranger

En intégrant ces représentations de l’espèce humaine en race, l’enfant peut se fabriquer une image stéréotypée de l’étranger. Toutefois, l’acquisition du préjugé et l’apprentissage des stéréotypes spécifiques ne s’effectuent pas spontanément mais dépendent des influences du milieu, de la personnalité et des vues des adultes sur les «autres groupes» et sur les «pays étrangers».[2]

En dehors de son entourage et des influences extérieures (école, médias …) l’enfant développe sa pensée stéréotypée sur les autres peuples par les livres. En effet, la littérature est un bon moyen pour lui de se donner une image de l’étranger, et de découvrir ainsi les stéréotypes qu’on attribue à chaque groupe ethnique. 

3° Le rôle de la littérature dans le développement de la pensée stéréotypée de l’enfant

La littérature pour la jeunesse est généralement reconnue sur le plan pédagogique. Le livre sert avant tout à enseigner à l’enfant le plaisir de la lecture. Il ne doit pas être confondu avec le livre scolaire qui est destiné à être exploité à l'école. On concède donc à la littérature pour la jeunesse une valeur formative, sinon thérapeutique. Toutefois, on redoute les effets néfastes que le mauvais livre pourrait avoir sur la personnalité enfantine (violence, racisme…). Certes, l’œuvre destinée à la jeunesse doit être éducative mais pour le moins elle ne doit pas déséduquer les jeunes lecteurs. D’autre part, le livre incite l’enfant à prendre connaissance des pensées des auteurs qui peuvent devenir des guides éclairés par rapport à des sujets déterminés. En fait, il lui permet de forger sa personnalité et d’exercer son libre arbitre. 

Depuis quelques années, le réel a investi les pages du livre d’enfants. D’une part, aborder des thèmes de la vie actuelle dans lesouvrages permet à l’enfant de lui donner un sens et une distance. D’autre part, écrire sur les autres peuples et les pays étrangers amène l’enfant à développer une pensée stéréotypée. De toute façon, comme l’enfant n’est pas réellement raciste, la différence (de peau, sexe, caractère, opinion, culture…) fait partie du monde qu’il constate, qui l’émerveille ou le terrorise. 

Si la littérature joue un rôle important dans le développement de la pensée stéréotypée de l’enfant, alors elle met en scène des stéréotypes. C’est pourquoi, nous nous attarderons sur la représentation du Noir qui est véhiculée dans la littérature pour la jeunesse.

II – L’image du Noir dans la littérature pour la jeunesse

1° La découverte du «monde noir» et de la «race noire»

On porte un grand intérêt aux œuvres d’imagination pour enfants, publiées à la fin du XIXème siècle et au XXème siècle, en France et à l’étranger. D’ailleurs, nous remarquons que de nombreux livres ont permis aux jeunes lecteurs de mieux connaître les «mondes noirs», leur passé, leur présent et de se faire une représentation de l’Autre, du Différent, du Noir. 

Ces œuvres visent à la fois les enfants noirs et les enfants blancs. Les enfants noirs peuvent s’identifier aux personnages du livre et découvrir leur histoire, leur culture et leur identité grâce aux intrigues romanesques. Les livres apprennent aux enfants blancs, français, souvent mal ou peu informés sur la réalité «des mondes noirs », à assumer leur héritage historique, à reconnaître et à respecter des peuples dont la dignité a été trop longtemps bafouée. 

Découvrir le «monde noir» c’est aussi découvrir ses habitants et entre autre la «race noire». Dans son livre L’homme (1749), Buffon traite des variétés dans l’espèce humaine et parmi elles, il évoque la race des Noirs. Dans son ensemble, le caractère distinctif de la race noire par rapport à la race blanche est, pour lui, la couleur. Et il ajoute «les traits du visage, leurs cheveux, leur peau, l’odeur de leur corps, leurs mœurs et leur naturel». Par ailleurs, l’auteur insiste sur le fait que la couleur est «d’un noir d’ébène profond et éclatant chez les plus beaux d’entre eux. Cette description du Noir juge un individu, une ethnie et le classe dans une catégorie. Il en résulte des stéréotypes représentatifs du Noir tels que son infériorité vis à vis des Blancs, l’image d’un sauvage (un être sans culture, marginal)…

Ces stéréotypes auront un impact sur le jeune public puisqu’on les retrouve dans la littérature pour la jeunesse. Détenteur d’informations sur les pays étrangers et sur les autres peuples, les livres permettent aux enfants de se faire une image positive ou négative du Noir et donc d’intégrer les stéréotypes qui lui sont attribués. 

2° les stéréotypes associés au Noir

Notre étude sur l’image du Noir et donc sur les stéréotypes du Nègre se base sur des œuvres d’imagination[3] pour enfants publiées depuis la fin du XIXème siècle. Ces œuvres (livres illustrés, romans, bandes dessinées), d’origine française ou allemande ou américaine, mettent en scène des personnages noirs (enfants ou adultes) et évoquent des thèmes particuliers tels que l’esclavage ou le racisme. 

Toutefois cette étude repose sur une liste de livres non exhaustive, puisque depuis 1950, les ouvrages sur les «mondes noirs» et sur les Noirs se sont considérablement multipliés. 

a)le stéréotype de type linguistique

+ L’appellation «Black, Nègre, Négro» : très souvent, le Noir est appelé «Black». Ce nom particulier attribué à une espèce, indique déjà que l’individu noir a été classé en catégorie et donc traité comme un groupe à part. Par ailleurs, comme l’Africain est avant tout, un colonisé, on le nomme «nègre». L’utilisation de ce terme, issu du commerce des esclaves est courant dans la production française d’avant guerre. On le remarque dans certains titres d’ouvrages pour enfants. Par exemple, Miloula la petite négrillonne de P.Sonnolet et de la Reynière ; Petits contes nègres pour amuser les enfants de Blancs de B.Cendrars ;Histoire du nègre Zo’hio et de l’oiseau moqueur de M.Colmont. «Nègre » est également employé dans les pages des livres pour catégoriser négativement la race noire (ségrégation et insultes dans Noir et Blanc de N.Gray et Après la pluie le beau temps de la Comtesse de Ségur) ; pour rappeler le statut socioprofessionnel, celui d’esclave ou de serviteur dans La case de l’oncle Tom de H.B.Stowe et Huckleberry Finn de M.Twain ou pour différencier le Blanc du Noir (Bécassine voyage).

+ Le parler «p’tit nègre» : le langage des Blancs, le français, symbole de la supériorité est souvent transformé par les Noirs en parler «p’tit nègre». Ce parler simpliste des uns face à la langue brillante des autres peut engendrer le sourire d’un jeune lecteur. Il est caractéristique des paroles de Ramoramor,personnage du roman de la Comtesse de SégurAprès la pluie le beau temps. En effet, cet homme noir parle sans accent ni vocabulaire particulier mais en utilisant une syntaxe proche du créole. Son langage peut amuser le lecteur : «Moi arriver ici pas loin et demander moussu Dormère (…) Vousdonner à manger à moi. Ramoramor avoir faim, être fatigué (…) Moi pas voir petite mam’selle (…)»

On le retrouve aussi dans Tintin au Congo. Voici quelques extraits de ce langage marquant l’origine exotique des personnages noirs : «Missié ! Missié ! Li prisonnier li parti ! (…) Moi y en a fatigué (…) Li Missié blanc très malin ! (…) Li Noirs li plus fâchés : Coco li peut revenir» 

Ainsi, l’image du Noir peut se faire d’un point de vue linguistique en premier lieu.

b)le stéréotype du physique, de l’habillement et du caractère

+ Le physique et l’habillement du Noir : l’image du Noir est d’une remarquable constance sur plus d’un siècle de production. L’odeur, le grand rire nègre, les superstitions, le masque simiesque… sont des marqueurs de la présentation caricaturale du Noir. 
Citons par exemple, le physique du contrôleur nègre qui impressionne Bécassine dans le train : «une grosse figure noire dans laquelle roulait des yeux blancs assez menaçants». De même, Ramoramor, personnage de la Comtesse de Ségur, inquiète ceux qui ne le connaissent pas «Ah ! mon Dieu (…) un homme tout Noir».

En dehors de la prestance de son physique, le Noir se présente comme un être coquet qui aime la parure. En effet, l’Africain se donne parfois une allure féminine. Dans Le voyage de Babar, certains cannibales s’amusent en se déguisant avec les vêtements volés de Babar et de Céleste. Dans Tintin au Congo, le roi des Babaoro’m fume la pipe (trait masculin) et est paré de boucles d’oreille, d’un collier, d’une jupe (traits féminins). De plus, dans la bande dessinée de Hergé, comme deux enfants se disputent un chapeau de paille, Tintin va le partager en deux. C’est la raison pour laquelle un des enfants remercie Tintin en ces termes : «Li Blanc très juste ! Li donné à chacun la moitié du chapeau»

Cette passion de s’habiller pourrait donner aux Noirs l’apparence au moins de la respectabilité. Le costume dévoile la peau et la met en valeur. C’est un signe de civilisation alors que très souvent les Nègres sont vus comme des êtres sans culture. 

+ L’image du sauvage : dans la majorité des ouvrages qui le mettent en scène ; hormis le fait qu’il peut être un être doux et serviable, l’Africain est un individu fruste, instinctif, proche de la nature. 

Le cannibalisme est un sujet récurrent dans les œuvres à l’usage des enfants. On en trouve un exemple dans Le voyage de Babaroù des sauvages et féroces cannibales attaquent Babar et Céleste. 

L’image d’un être primitif se note dans L’histoire du nègre Zo’hio et de l’oiseau moqueur. M.Colmont met en scène un petit nègrillon qui vit dans la forêt, tout nu et qui tient toujours à deux mains son ventre tout rond. 

La nudité de Zo’hio et les cannibales avec Babar rapprochent le Noir des êtres sauvages. 

+ Le caractère du Noir : la douceur, la gentillesse la serviabilité et la sensibilité sont les autres traits féminins attachés au Nègre.
La gentillesse et la serviabilité trouvent usage dans les emplois de serviteur, de nurse, d’homme à tout faire. Tom est représentatif de ce trait de caractère. De même, Jim assume tout au long du roman de M.Twain le rôle de mère protectrice pour Huck. 

La sensibilité se remarque chez Ramoramor lorsqu’il embrasse Geneviève et pleure en même temps : «le pauvre nègre l’embrassait encore, la serrait contre son cœur en pleurant de plus belle (…) Geneviève embrassa une dernière fois son cher Rame… »

Cette constante féminine accolée au Noir est sans doute dégradante dans l’esprit des auteurs de l’époque.

La superstition est aussi un trait de caractère du Noir. L’être superstitieux est mis en scène par M.Twain à travers Jim. Selon ce personnage, il ne faut pas regarder la lune par-dessus son épaule gauche.

Outre son langage, son physique, son caractère, on associe souvent le Noir au sexe. 

c)le stéréotype de type sexuel

Parmi les leitmotiv repris par la littérature, la bande dessinée, figurent ceux qui renvoient à la libido du Noir (le Noir envers la Blanche ou le Blanc vis à vis du Noir)

Il est convenu que la Blanche est une proie pour le Noir et la Noire un cadeau pour le Blanc. Détenteur de la virilité, le Blanc est attiré par le corps du Noir. La Noire est souvent vue comme un «pur objet sexuel» ; tout juste bonne à satisfaire le désir du mâle blanc.

Il en résulte une image souvent stéréotypée des deux protagonistes : le Noir est attiré par la Blanche. Mais le souvenir des humiliations de sa race lui monte à la gorge au moment même où il l’efface par la conquête d’une Blanche et son désir s’accompagne d’une soif de meurtre. La Blanche est coquettement criminelle, attirée, elle aussi par le Noir. Mais une fois assouvi son désir, elle est prompte à crier au viol.

C‘est sur le plan des relations sexuelles que le racisme trouve en général l’un de ses points d’application les plus évidents. Il s’exprime de multiples façons suivant les circonstances depuis la simple réprobation sociale du métissage jusqu’au texte législatif qui l’exclut. Ce stéréotype de nature raciste est révélateur d’un livre américain pour les enfants, qui fut censuré et proscrit des librairies. En fait, cet ouvrage présentait le mariage d’un lapin noir avec une lapine blanche.[4]

Le stéréotype mentionnant l’impossible union entre un Noir et une Blanche est un des stéréotypes de nature raciste qui est appliqué au Noir. Ceux-ci se sont développés sous diverses formes (on les étudiera par la suite). En effet, le racisme est vraiment un sujet en vogue qui est mise en écriture par certains écrivains de la littérature pour la jeunesse ; il touche de près l’image du Noir.

d)le stéréotype socioprofessionnel

Comme l’Africain est avant tout un colonisé, un Nègre, son statut social le range du côté des esclaves et donc des serviteurs. L’esclavagisme se retrouve tout au long de l’Humanité, c’est un système social basé sur l’esclavage. En fait, on considère qu’il existe des hommes esclaves par nature donc nés tels, avec une constitution physique et mentale qui ne leur permet pas d’être autre chose. Dans L’histoire des deux Indes, Raynal définit l’esclavage comme «l’état d’un homme qui par la force ou par des conventions a perdu la propriété de sa personne et dont un maître a disposé comme de sa chose».

Le Noir en tant que serviteur ou esclave, est abordé dans certains livres pour enfants. En effet, des auteurs tels H.B.Stowe et M.Twain ont fait de l’esclavage un thème d’une de leurs œuvres. Chez M.Twain, il s’agit de Jim, un esclave noir en rupture de ban qui a choisi la liberté et se bat pour la conserver. H.B.Stowe évoque l’esclavagisme différemment puisque Tom, serviteur nègre, représente le symbole de la servitude consentie. De même, le personnage Ramoramor de la Comtesse de Ségur évoque un «oncle Tom». 

Dans cette optique, on a affaire au cliché du brave nègre, du bon nègre ; stéréotype représentatif du caractère du Noir. Les «bons nègres» sont ceux qui sont convaincus d’être à leur juste place. Ramoramor tout comme Tom font figure de la servitude librement consentie. Une fois que Mme Shelby avendu Tom, elle lui demande de ne pas chercher à fuir.Ce brave nègrerépond alors : «Le maître m’a toujours trouvé à ma place, il m’y trouvera toujours (…) Vousai-je jamais été infidèle surtout depuis que je suis chrétien ? »

Nous pouvons donc retenir de Tom son dévouement aussi fidèle qu’un chien à son maître. De même, Ramoramor est décrit en ces termes : «C’est un nègre si fidèle, si dévoué…qui était au service de M. et Mme Dormère pendant les cinq années qu’ils sont restés en Amérique». Par ailleurs, ce personnage supplie qu’on le garde : «Moi faire tout quoi ordonnera Moussu. Moi pas demander argent, pas demander rien, seulement moi servir petite maîtresse… ».

En tant que tel l’esclavage est rarement abordé dans les livres pour enfants et le mot est tabou à quelques exceptions près comme nous venons de le voir. C’est après1950, que des auteurs ont pris pour thème la traite négrière, l’esclavage, la ségrégation raciale. Ces sujets ont pour but de faire découvrir aux jeunes lecteurs les mondes noirs et leur histoire.

Tous ces stéréotypes se retrouvent partout et particulièrement dans les œuvres littéraires à l’usage des enfants. Toutefois, la littérature qui devrait normalement faciliter la compréhension entre les peuples ne fait, parfois, qu’encourager les idées reçues. C’est la raison pour laquelle, certains écrivains pour la jeunesse ont choisi de donner une image positive du Noir en reconnaissant son Humanité.

3° L’image réelle du Noir : son Humanité

Il s’agit de cette Humanité que M. Twain,l’un des premiers écrivains Blancs, a proclamé dans Huckleberry Finn. A la suite de sa fréquentation avec le nègre Jim, Huck décide, à l’encontre du code moral et social de son époque, de «voler » l’esclave fugitif pour le libérer. Cet exemple rare, d’un traitement littéraire profond et égalitaire du personnage noir, présente son désir de liberté comme admirable. Ainsi, Jim, le brave noir, figure de la souffrance et de la dignité, revient parmi les hommes grâce à Huck. 

Twain n’avait pas de préjugés de race malgré l’époque dans laquelle il vivait. Tous les gens qu’il décrit dans ses livres, il les a rencontrés. D’ailleurs, Jim est un esclave qu’il avait connu dans une ferme du Missouri où il allait passer ses vacances d’été. À propos de Jim, Twain écrit : « Il était plein de générosité, de sympathie, desimplicité. Je ne l’ai pas vu depuis plus d’un demi-siècle et pourtant, en esprit, il n’a cessé de me tenir compagnie. Sous le nom de Jim, je lui ai fait descendre le Mississippi. C’est lui qui m’a appris à aimer sa race et certaines de ses qualités »

La reconnaissance de l’Humanité du Noir se remarque aussi dans Bécassine voyage. Le contrôleur nègre du train est mis au même niveau qu’un Blanc. Dans cette histoire, le Noir ne se laisse pas traiter de «vilain nègre » par un passager. Dés cette appellation suggérée, le contrôleur prend la position du boxeur en garde. Le fonctionnaire, le Blanc, devient alors plus pacifique et réplique :  « Vilain nègre, je sais bien, toujours vilain nègre mais bon boxeur ». Ce livre montre que le personnage noir n’est pas un être inférieur et faible vis à vis du blanc.

Aussi, c’est dans le rapport maître/serviteur, que C.de Ségur donne au Noir une image d’Humain. En effet, cette romancière n’est une apologiste ni de l’esclavage ni de purs rapports de domination. Ramoramor sert à révéler que certains ne sont pas dignes de la position privilégiée qu’ils occupent dans la société. Ce Noir refuse «froidement» d’obéir à Georges et à M.Dormère. De plus, l’écrivain se plaît à souligner l’amitié et l’estime qu’ont les gens entourant Ramoramor. Celui-ci démontre que la valeur morale des êtres plus humbles, peut être bien supérieure à celle des individus socialement «respectables». Il faut aussi prêter attention aunom du personnage car le terme «amor» est répété deux fois pour nommer le fidèle serviteur.Ramoramor, serviteur exemplaire, est chargé de prouver aux jeunes lecteurs que le rapport maître/serviteur tel qu’il est voulu par Dieu est basé sur l’amour et non sur la force.

Au cours des décennies, beaucoup de stéréotypes ont figé l’image du Noir. Mais, dans la littérature, la présence des personnages noirs et leur importance marquent une prise de conscience significative, une évolution des mentalités. Toutefois, les stéréotypes de nature raciste, associés au Noir, constituent malheureusement, dans l’histoire des sociétés occidentales, un lieu commun constant. Hormis la réprobation de l’union entre un Noir et une Blanche, ce type de stéréotypes est présent dans la littérature pour enfants, sous diverses formes.

 

III – Les stéréotypes de nature raciste

Le racisme est fondé sur des stéréotypes. L’Autre n’est pas vu dans sa diversité et sa complexité mais ramené à quelques schémas caricaturaux. Même si la notion de race a changé, le mot racisme est resté. « Affirmer que nous sommes tous nés racistes » c’est prendre conscience d’une peur innée : l’Autre, les Autres nous effraient parce qu’ils sont différents.[5] De plus, l’histoire des sociétés nous confronte à un phénomène tragique : plus une communauté est persécutée, plus on(les persécuteurs) répand sur elle des mensonges et des calomnies. D’où la haine de l’Autre.

1° Une définition du racisme

Dans la Relation à l’autre, D.Schnapper explicite le mot racisme comme suit : «l’idéologie issue de la théorie des races du XIXème, qui se fonde sur des prétendues différences biologiques pour justifier la supériorité définitive de la race blanche». En d’autre terme, le racisme désigne une agressivité, volontiers accompagnée de brimades et de sévices contre une catégorie ethnique (les Noirs, Jaunes, Peaux-Rouges) ou contre une communauté historique définie par une religion, une idéologie ou un mode de vie spécifique (les Tziganes, Juifs). 

Mais,comment expliquer que des hommes, des femmes, des enfants, créatures intelligentes et sensibles,toujours prêtent à aider un être en difficulté, peuvent se laisser aller à des haines qui sont absurdes et déshonorantes ? 

2° Le racisme à l’égard des gens de couleur

Les stéréotypes de nature raciste appliqués au Noir résultent pour l’essentiel du rapport de domination qu’un continent, l’Europe, a exercé sur un autre, l’Afrique, pendant plusieurs siècles. On sait avec quelle violence s’est imposée cette domination ; notammentau regard de la traite de l’esclavage des Noirs et par la suite du colonialisme. 

La littérature a volontiers reflété le racisme déclaré ou insidieux de l’idéologie dominante jusque chez ses plus grands écrivains. Lié à l’image du Noir, le racisme est un sujet abordé dans les ouvrages pour enfants. Plusieurs écrivains ont choisi de mettre en écriture ce que peut vivre un étranger ; dans le but defaire connaîtreaux jeunes lecteurs la réalité, parfois touchantes,des faits.

Des exégètes qualifiées de  «la Joie par les livres» ont rappelé récemment que les premiers albums de Hergé, principalement Tintin au Congo, contiennent des touches anti-noires que l’auteur, d’ailleurs, reconnaît ; illes attribue à son éducation et à son milieu. 

Le roman de H.B.Stowe charrie aussi des préjugés qu’il faut bien qualifier de racistes. Il est question «de ces chansons grotesques et sauvages assez communes chez les Nègres», de «l’esprit du Nègre, impressionnable et mobile», de cette «habileté dans l’emploi des insinuations détournées que possèdent les gens de sa classe», de «ce rire sec et bref particulier aux gens de race nègre quand ils s’apprêtent à faire une proposition douteuse».

Dans Après la pluie le beau temps, C.de Ségur créée un personnage noir pour faire une analyse et juger les rapports sociaux et les individus. Ramoramor suscite la sympathie et l’amitié de la plupart des personnages du roman surtout de Geneviève à l’exception de Georges, le cousin de Geneviève. Fils à papa, Georges incarnela malhonnêteté, la lâcheté, l’égoïsme et la méchanceté. Le racisme de cet enfant à l’égard d’un adulte de couleur, Ramoramor, surgit à travers ses paroles et son comportement. Georges est furieux de l’assurance que prend sa cousine grâce à l’arrivée de son vieil ami, un serviteur nègre. Alors, le racisme débute par des paroles,hostiles contre le Nègre, en rapport à son physique. « Papa, dit-il pourquoi avez-vousgardé ce vilain Nègre ? (…) Il est affreux ce Nègre ; d’abord moi je ne veux pas qu’il me touche (...) Il faut que vouslui défendiez de servir à table ; avec ses vilaines mains noires, il est dégoûtant (…) Il est joliment bête (…) Je n’aime pas les Nègres, moi, et surtout pas celui-là ». Le rejet du Noir s’affirme ensuite par un désir de destruction de l’Autre,l’étranger.

Georges déclare, devant le portrait de Ramoramor, peint par Geneviève : « Il est horrible, ridicule ; s’il était à moi, je le couperais en morceaux immédiatement (…) Attends coquin, je vais te faire des cornes comme à un diable que tu es. Je vais te barbouiller ton habit de noir ». 

Georges est un personnage entièrement négatif. A travers les propos qu’elle lui prête, la C.de Ségur stigmatise le racisme et s’oppose aux nouveaux préjugés raciaux qui se développent à l’époque où elle écrit. Même si la romancière met en scène le racisme d’un enfant à l’égard d’un adulte, en utilisant des stéréotypes, elle se déclare être une antiraciste. Elle écrit pour dévoiler à ses lecteurs les clichés concernant le Noir. 

Le racisme commence avec de simples mots qu’on dit, puis avance avec des phrases qu’on répète et des lois qu’on écrit. Il s’affirme avec des marques sur les murs et dans la chair. Et enfin, il se termine par la mort. C’est ce qu’on peut remarquer dans le roman de N.Gray, Noir et Blanc. L’auteur met en scène des enfants de la rue, Blancs, Indiens, Asiatiques ou Noirs, qui forment avant tout une bande de copains mais la violence des manifestations racistes les arrache à leurs jeux. Ainsi, Sarah voit l’amour de son père pour une jeune femme noire, brisé puis menacé l’amitié qui la lie à Everton, un adolescent noir.

Tout commence avec des mots, des remarques, des invectives, des insultes. Le premier stéréotype de nature raciste est linguistique, il concerne le nom de l’adolescent noir. Everton Callaghan est traité par des grands de «black Paddy » à cause de sa couleur et de son nom. Tout au long du livre, on peut répertorier différentes appellations concernant aux Noirs : « salauds de Nègres ; négro ; gosse de nègre… ».

Ensuite, ce sont des marques sur des pancartes, des formules, slogans racistes visant souvent le cœur de la cible choisie. Par exemple «L’Angleterre aux Anglais, Le pouvoir aux Blancs, Dehors les Nègres et les Pakis, Vivent les Blancs, A bas les Nègres ». Ces marques sont des signes visibles apposés directement à l’Autre pour qu’il soit reconnu, désigné, marqué à vie, dans sa vie. Egalement, des remarques méprisantes à l’égard des Noirs sont déclarées par la tante de Sarah : « N’te mêle pas à tous ces Noirs. Y en a un qui t’entraînera, un jour (…) Faut pas leur faire confiance à ces Noirs (…) Ils ont de sales habitudes »

Le racisme évolue finalement, vers la violence voire la mort. La violence vis à vis des Noirs s’exprime par des jets de pierres dans les fenêtres de leurs maisons. D’ailleurs, au cours de l’intrigue un photographe noir sera blessé. La mort est la conséquence des manifestations racistes. Dans le livre de N.Gray, une femme noire et ses enfants vont périr dans un incendie criminel. Ainsi, on note que les répressions conduisent plus ou moins vite à une mort. 

Ce racisme des Blancs vis à vis des Noirs peut entraîner chez un Noir la haine du Blanc. C’est ce qui se passe entre Everton et Sarah. En effet, touché profondément par les propos racistes à l’égard de sa race,l’adolescent noir ne va plus éprouver de l’amitié envers son amie, blanche mais plutôt de la haine. Il latraite de «sale blanche» ; il considère tous les Blancs racistes (jugement naïf et enfantin). 

Ainsi, N.Gray démontre la violence du préjugé, celui du racisme. Son livre, destiné à un jeune public (à partir de 11 ans), aide l’enfant à comprendre les réalités qui se cachent derrière ce mot.

3° La lutte contre le racisme : des livres «antiracistes»

Chaque romancier recrée le Noir à sa manière : il le représente soit négativement soit positivement. Même si les clichés et les stéréotypes, péjoratifs du Noir subsistent dans bien des consciences, la littérature pour les enfants fait une grande place à tout ce qui concerne la connaissance des autres, et est donc un élément utile de lutte contre le racisme. Cette lutte a gardé toute son actualité dans l’univers qui est le nôtre, encore infecté par tant de séquelles, de colonialisme, d’antisémitisme et d’autres discriminations raciales.

Les livres «antiracistes » vont donc traiter le Noir comme il se doit et le défendre des propos racistes à son égard. D’une part, il ne s’agira plus d’une race définie par la seule couleur de sa peau et d’autre part, les livres choisiront de bannir le racisme de leur intrigue.

Avant d’évoquer un exemple de livre antiraciste, il faut tout d’abord mentionner quelques livres «anti-esclavagistes» : Après la pluie le beau temps, Les aventures de Huckleberry Finn et La case de l’oncle Tom. 

L’une des œuvres les plus originales de la littérature pour la jeunesse en Allemagne et pouvant être qualifiée d’antiraciste, est l’histoire de «Pierre l’ébouriffé ». La volonté d’écrire pour un enfant particulier se manifestechez Heinrich Hoffmann. D’ailleursen 1844, il a écrit un recueil de contes illustrés pour son jeune fils de 3 ans, intitulé Der Struwwelpeter (traduit par «Pierre l’ébouriffé») C’est une série de dix contes en vers, publiés sous formes de feuilles volantes, qui, à travers les aventures d’enfants, décrivent leurs principaux défauts et leurs conséquences. Chaque histoire est illustrée d’une image qui fixe soit un moment du récit soit une séquence d’épisodes. Ce sont des contes moraux certes,mais dont le côté comique des aventures est perçu le premier. Ainsi, la morale est acquise d’une manière pratique. 

Dans cette série de courts récits illustrant les châtiments qui attendent les enfants indisciplinés, figurent une fable antiraciste. Elle raconte l’histoire de trois petits garçons blancs qui se moquent d’un enfant noir. Le bon Saint Nicolas les aperçoit et pour les punir les plonge dans un énorme encrier, dont ils ressortiront aussi noirs que le petit Nègre dont ils se gaussaient.[6] Cette fable donne une leçon de morale aux deux enfants de race blanche et offre aux jeunes lecteurs une histoire de lutte contre le racisme. De plus, ce conte permet aussi de «bannir» le stéréotype de la couleur associé au Noir.

Le racisme peut être donc qualifié de «maladie endémique». L’expérience révèle que le nombre des racismes est illimité. Au fur et à mesure des regroupements idéologiques et politiques, des propagandes et des répressions, nous avons vu surgir des formes nouvelles de racisme et l’épanouissement des stéréotypes associés au Nègre. C’est la raison pour laquelle dans la littérature à l’usage des enfants,certains auteurs ont choisi d’écrire des livres qui apprennent à aimer, qui apprennent à connaître gens et pays et à ne pas juger sur le simple fait des propos entendus



CONCLUSION

Quoique non exhaustive, cette étude permet de mesurer l’importance de l’image des Noirs dans les livres français et étrangers pour la jeunesse. Finalement, les stéréotypes, marqueurs d’identité, les plus souvent retenus pour représenter le Noir sont : la taille, la morphologie, la pigmentation de la peau, la pilosité, la couleur des cheveux, le timbre de la voix, les odeurs, et les clichés de nature raciste. 

L’intérêt porté principalement aux stéréotypes des Nègres fait connaître, aux jeunes lecteurs, des réalités parfois sensibles. En définitive, l’évolution des sociétés et de leurs mentalités indique bien que les préjugés collent, comme la gale, à la peau des cultures ; il est donc difficile de s’en défaire. Ainsi, le Noir sera marqué à vie de stéréotypes. La littérature reflète ces faits. 

Toutefois, dans la littérature destinée aux enfants, si des écrivains ont choisi de mettre en écriture les différentes images qu’on accole au Noir ; d’autres ont préféré proscrire ces idées reçues afinque le lecteur/enfant soit apte à juger par lui-même, à réagir par lui-même et à façonnerses propres idées.

BIBLIOGRAPHIE

THÈSE :

Marie-Claude Munoz, 1973, Le développement des stéréotypes ethniques chez l’enfant(article intitulé «De l’égocentrisme à l’ethnocentrisme»)

OUVRAGES :

Denise Escarpit, 1981, La littérature d’enfance et de jeunesse, Que sais-je ?

Denys Prache, 1994, Tous nés racistes, collection «États d’Âme», Nathan

REVUES :

Nous Voulons Lire,«Littérature enfantine et racisme»,

n° 7,mars 1974 et n° 8, juin 1974

Notre Librairie,«Image du Noir dans la littérature occidentale»,

n° 90, octobre/décembre 1987 et n° 91, janvier/février 1988

BT2, «Stéréotypes, clichés, lieux communs»,

n°273,1994, publications de l’école moderne française

OUVRAGES POUR ENFANTS :

Allemagne

Livre illustré : Heinrich Hoffman, 1844, Der Struwwelpeter («Pierre l’ébouriffé»)

Angleterre/États-Unis

Romans : Mark Twain, 1884, Les aventures de Huckleberry Finn

Harriet-Beecher Stowe, 1888, La case de l’oncle Tom

Nigel Gray, 1986, Noir et Blanc

FRANCE

Bande dessinée : Hergé, 1931, Tintin au Congo

Livres illustrés : Marie Colmont, 1959, Histoire du Nègre Zo’hio et de l’oiseau moqueur

Y.Caumery, 1978, Bécassine voyage

Jean de Brunhoff, 1978, Le voyage de Babar

Roman : La Comtesse de Ségur, 1930, Après la pluie le beau temps

ANNEXE

Annexe I : Différentes images représentatives de chaque ouvrage destiné aux

enfants

p.1. 2. 3

ANNEXE II : Illustration intitulée «Censure pour les lapins» de G.Williams tirée de The

Rabbit’s wedding

p. 4

ANNEXE III : Fable de Heinrich Hoffmann  «Une histoire de garnements noirs»

p.5



[1]Extrait de l’article de M.C Munoz sur «l’enfance et les stéréotypes ethniques»
[2] Termes employés par M.C Munoz
[3] Cf.Annexe I : les images représentatives de chaque ouvrage destiné aux enfants
[4] C.Wauthier L’Afrique des Africains

Cf. Annexe II : Illustration intitulée «Censure pour les lapins» de G.Williams tirée de The rabbit’s wedding

[5] Denys Prache Tous nés racistes
[6] Cf. Annexe III la fable de H.Hoffmann